:>20 LA REVUE SOCIALISTE de ses suites. c·est le comble de rhorrible. Mais il y aurait. trop à dire. * • * Sans doute on a déjà fait quelque chose dans cette voie : assurer la santè du CO"PSet de l'esprit. Au !\Ioyen-àge, on se baignait dans le sang par des guerres incessantes, mais point dans l'eau; le linge de toile était rarissime, celui de coton était inconnu. De là des maladies de peau de tout genre. Les villes avaient des léproseries à leurs portes d'entrée. La voirie et les égouts n'existaient pas, ni les abattoirs non plus. De liLla peste et cent autres maladies. Si nous considérons le côté moral, nous sommes effrayés du petit nombre d'écoles et nécessairement du petit nombre de personnes un peu cultivées et même sachant lire et écrire. De là, la nécessité des écrivains publics,dont nous avons pu voir quelques échantillons, même de nos jours. Nous sommes loin de ces t.emps fâcheux mais il y a encore beaucoup à faire, pour que tous les membres du corps social soient sains de corps et d'esprit, et pour que la société puisse pourvoir avec abondance à tous leurs besoins. Et jusque là, jusqu'à ce que ces conditions soient remplies, c'est en vain qu'on se flatterait que les hommes seraient capables d'ètre des Thélé11iites, autrement dit des créatures humaines naturellement portées au bien, et qui ne faisant que ce qu'elles veulent, vont toujours au but suprême : Faire le bien général. Nous sommes encore à plus de cent millions de lieues du but, mais il est visible qu'on s'en approche un pcn chaque jour, comme il est visible qu'il y a une belle différence entre les carrosses de Louis XIV et les trains de luxe de nos chemins de fer, entre nos mœurs et celles du Moyen-âge, entre nos machines merveilleuses et la quenouille et le rouet de nos grandmères, entre la charrue à vapeur et le hoyau de Cincinnatus, entre la machine à bat.tre le blé et le fléau de nos moissonneurs, entre un transatlantique et une galère à trois rangs de rames . • * La célèbre Utopie de Thomas 1\1-orusl,e grand chancelier d'Henri YIII, la République de Salente de Fénelon, la Gité du Soleil du moine calabrais Campanella, le Code de la nature do Morelly aussi bien que l'Icariede Cabet, le Collectivisme de nos modernes socialistes, le St-Simonisme et le Fouriérisme, toutes ces aspirations à runité et à l'harmonie sociale, attestent avec
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