Tllk:LJ'.:,llTES DE RABELAIS ET HAR,JOXJEXS DE FOURIER 519 formités il en rst ainsi de leur organisation morale et cérébrale. Nous avons les fous. les violents. les gens qui voient rouge à la première lueur qui frappe leur regard, le~ obtus, les tortus, les malingres d'esprit, les contrefaits intellectuels. Il y a des parents et des enfants dénaturés: comme preuve, quoi de plus renversant et de plus douloureux? Donc ce n'est pas avec dtis hommes, dans le nombre desquels se voient tant de difformités physiques et morales qu'il est raisonnable de rêver une société de Thélémiste:o., c'est-à-dire de personnes gui, en agissant spentanément et de leur propre mouvement. produiraient des accords toujours justes et composeraient des harmonies sociales toujours riches d'admirables combinaisons. Kon,celanepeutpasétrepui que ces hommes nesontpas tous sains rle corps et d'esprit. Or, c'est là le point de départ de tout rapport normal entre les hommes, et la vraie et unique source d'où peuvent découler les harmonies sociales . ... Kous sommes encore bien loin des mœurs des Tluilernites et des liarmoniens. Rien ne le prouve mieux que le ton général de nos sociétés actuelles. Est-ce la bonté, est-ce la pitié pour les faibles, les disgraciés de la nature qui en font la base? Est-ce même la simple politesse, qui doit être l'expression des vertus sociales? On se moque, on se raille, on rit les uns des autres, surtout si c'est un bossu, ou si quelqu'un fait une chute malheureuse et ridicule; on se pous,e et l'on joue des coudes pour arriver; on se calomnie, quelquefois plus par plaisir que par méchanceté. La lutte pour la vie s'aperçoit au fond de toutes nos actions. Tel est le train ordinaire du monde, sans le peindre des couleurs les plus noires. Autres symptômes plus affligeants. Voyez une foule espagnole, ivre d'enthousiasme et criant bravo tor·o ! si la bête fur·ieuse a blessé le matador. Voyez d'autres aficionados, amateurs, entourant deux boxeurs, qui s'exterminent par de loyaux coups de poing, jusqu'à ce qu'on les emporte mourauts. Ou bien encore considérez d'autres parieurs acharnés, autour de deux coqs éperonnés et se battant jusqu'à ce que mort s'en suive. Hélas I et combien d'autres preuves ne pourrait-on pas donner de la cruauté de nos mœurs 1 Mais c'est assez, car je ne veux point parler de la guerre et
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