REYUE DES LlYRES 509 Balzac par Julien Lemer. Lihrairie générale L. San mitre. Cette noU1·elleétude sur la vie et sur J'œuvre de Bal:;ac. très fouillée et très hardie, met en lumière des points que n°al'aient pas aperçus les précédents critiques du grand romancier. Halzac partage arec les plus grands génies ce pririlèg-c d'être un inépuisable champ de <lécou,·ertes. et de prêter aux interprétations les plus variées. 1\1. ,Julien Lemer s'est surtout attaché à montrer en Bal;ac le penseur puissant, le « docteur ès-sciences sociales» comme se qualifiait lui-mème l'auteur de la Cousine Bett,,. Les chapitres où JI!. Lemer nous présente Balzac démocrate. Balzac socialiste, partisan cle la séparation de l'Eglise et de l"Etat, de l'instruc:tion du peuple. de la liberté commerciale, adl'ersaire én~rgique de la peine de mort, des monopoles. de l'oisi,·eté, etc .. sont extrêmement curieux et parfaitement probants. Dans un prochain numéro j'étudierais spécialement. à ce point de l'Ue, le livre de ~1. Julien Lemer. Robert Bim:--1ER. Les grandes Légendes de France, par Edouard Schuré; librairie académique, Per~in et C'•, éditeurs, 35, quai des Grands-Augustins, Paris, un l'Olume 3 fr. 50. Après les Gra,ids Initiés. après le Drame Musical, :'Il. Edouard Schuré nous donne les G1wules L,'gendes de Fmnce. Ces trois œu1Tes, en apparence si différentes. émanent d'un commun point de départ, une inl'incible attirance rers ce qui a" l'ibré et chanté·• au point de se surl'in-e. En écril'ant le Dm,11e Jfusicat, qu'a ,·oulu l'auteur, sinon rechercher à leur sour·ce. la poésie et la musique pour ensuite les suivre dans Jour dél'cloppement à tral'ers le temps·/ Pareillement en nous présentant tour à tour les grands initiateurs de l'humanité: Rama. Krishna, Hermès, ~loïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus, il a aidé à déchirer le rnile dont peu à peu s'était recoul'erte l'idée fondamentale personnifiée par chacun de ces noms. Enfin, avec son dernier iine '' qui va des sommets des \'osges aux Landes de Bretagne etjusqn'à la pointe extrême du Finistère", il a entrepris un noul'eau voyage.-- un voyage•· à la <lécoul'erte de l'âme celtique", c'est-à-dire d'un des éléments essentiels qui résume aujourd'hui le mot '' France''. Ces trois œu,·res - nous le <lisions bien - partent d'une préoccupation unique, visent un même but, la recherche du lien l'il'ant qui entraine l'avenir au passé. Ce lien, pour la France, c'est l'âme celtique qui a eu, pour sanctuaire, la Bretagne ; mais qui vit et palpite "sur toute l'étendue de notre sol et dans toutes les périodes de notre histoire, depuis la guerre des Gaules jusqu'à la guerre de Cent ans, de celle-ci à la Rérnlution française", de la Révolution française à cette fin de siècle où nous la retrouvons, "prête à dire au monde son secret. lis sont nombreux, ceux qui, déjà, l'ont évoqué, ·' la druidesse passionnée, la voyante sublime, la glorieuse ,·aincue qui toujours rebondit de ses défaites, la grande dormeuse qui toujours ressuscite de ses sommeils séculaires"! Mais, les uns ne l'ont fait qu'au point de vue historique; les autres, au point de vue poétique; d'autres encore au point de vue strictement local. Poète, historien, chroniqueur ne se sont pas plus avisés d'un point de ,·ue philosophique et même psychologique que si ces deux vieux
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