RE\'TlE DES LI\'RES 507 déséquililJ1•e.l\Jais on sent vite que les intentions de l'autcu1· ,·ont plus haut: <'ette • mon<lauité » documentfle qui origina!isc le livre n'est que l'atmosphè1c où se meut le comte de Feysin, elle n'est que l'incident ùes préoC'cupations inouics qui dominent sa vie ; violemment sorialiste parfois, aver <les appels claironnants aux revendirations belliqueuses, l'œuvrc, a,·ec ses curieux dessous d'études darwiniennes, anthropologiqL,es. orcultistes mème témoigne d'une profonde érudition, sans ta moindre pédanterie. Le liv1·cest précédé d'une intéressante préface de Camille Lemonnier. Choix de Poésies, Frédéric Bataille, 1 vol., Dupont, éditeur, 4, rue Bouloi. Ce nou,·eau recueil de l'auteur du Clavier d'O,· et rie~ Poèmes du Soi.-, a été a11précié par M. Eugène ~lanuel en quelques pages heureuses où il loue le poète, ce modeste instituteur, flls de paysans, qui en deho1·s du jardinage classique, gràce à une ardente volonté sc1·v1epai· la plus rare faculté d"assimilation poétique, s'est prouvé si remarquablement littérnteur. Aux éloges de M. Manuel nous ne reprendrons rien, mais tout en admi rant avec lui chez M. Bataille la pureté de la fot·me, rexquisité des senti-- ments, qu'il nous permette surtout de dire combien nous p1·isons surtout, chez le poi:te du Clanier d'Or, son enthousiasme pour la Justice. Quel vidl sonnet que la Curée et quelles ardentes et mâles inspirations que celles de Solre Siècle le Précursew·. Au reste, le livre de M. Bataille se recommande par cette épigraphe: • J'ai fait de l'enfant mon plus doux pO<"rnc. « Le Droit est mon Dieu, l'amour est mou thème, • L'oiseau mon ami, la fleur mon trésor. » Les Cornes du Faune, Ernest Raynaud, Bibliothèque artistique et littéraire. De délicats et tendres poëmes sous ces sous-titres Pu.ysages, Pastels, Deuils et Joies, d'ironiques pastiches intitulés Jntermedes, un délicieux volume, provenant d'une vrai poète. Ce sonnet dira, je pense, le bien qu'on doit penser de l'auteur. c·est tout mon horizon, ce ra<lre de fenêtre ; Tout mon été l'œillet qui s'y fane, assoiffé ; Etje 1·ève, en cette atmosphére surchauffée, D'Océan de verdure où récréet· mon Etre 0 routes d'aventure oû chevauchaient les reitres, Forèts vierges dont nul n'a encore triomphé! C1'épuscules marins, si je puis vous connaitre Ce n'est qu'en ces allJums qu'on feuillette au café 1 Mon front où vit tout le tumulte des orages Aspire en vain A la fraicheur des• doux ombrages• La pauvreté m'attache à la ville où je meurs. CJ même, ri~n qu'en la banlieue une demeure lllais gue j'approche et vite I Un aboi furibond Ecarté de la grille ce vagabond. Nature, poésies, Jean Rameau. I vol. Savine, éditeur. Simple, roman du même auteur, 1 ,·ol. Ollendorff, éditeur. Jean Rameau est un des rares poètes dont les livres se vendent. Nature, son dernier recueil de rers, aura le succès de la Vie et La Mort et de la Chanson des Etoiles,
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