REYUE DES LIYRES Elle leu!' dit: « Je suis la troisième lumière Celle que les savants ont mise SUI' la Tour ~e me reniez pas, car je viens à mon tour La su prème après la seconde et la première. Suivant un ordre sùr je succède à mes sœurs Et j'ap/>osais à mon heure flrmamentaire ; Ap1·ès 'astre ~hn1tien et l'astre militaire Je viens ioluminer l'horizon des penseurs Au-dessus de la Tour par la nuit effarée J'épanouis pour eux mes frissonnants faisceaux Je suis comme la fleur des laueu1·s colossaux, Par qui ce siècle a fait éclater sa pensée. Les Cants del Soulelh (avec trnduction). l vol.; Auguste Fourês, chez Albert Savine, éditeur. Quelques mois à peine après Jean Lombard, un poète qui avait été son ami et quelque temps son collaborateur à la Revue Pi·ovinciale, Auguste Fourés, mourait en septembre 1891. Il venait de publier aussi chez Savine les Gants del Soulelh, poésies du Lauraguais. C'était son second volume de vers. Le prernic1· paru en 1888, s'appelait les Grilhs (ou Grillons) et avait été édité chez i\laisonneuve. Parmi les manuscrits qu'il a lailsé, le plus important, La Sego (la moisson) devait être publié cette année, malheureusement Fourés ayant négligé de prendre des dispositions testamentaires à l'égard de ces manuscrits, il est à craindre qu'ils ne soient egarés irrépa1·ablement. Sa famille cléricale n'a jamais pardonné à Fourés ses opinions républicaines. Fourès était né à Cast~lnaudary (où il est mort,. P.n 18'18. Presque inconnu à Pa,·is, il était cependant populaire dans le i\lidi, et à juste titre, car il fut vraiment le potlte de son pays, un poète national comme l'a désigné ailleurs notre ami L. Xavier de Ricard. Les titres des œuvres de Fourès disent son grand amour de la nature, choses et gens. Au reste L. Xavier de Ricard qui le connaissait et l'aimait bien disait encore (Revue Moderne numéro du 23 novembre 1891) et on ne saurait mieux dire: • Il est candirle et ce qui reviendra peut-étre à la mode, il est bon. Il aime les petits, les misérnbles, les humbles et les travailleurs. li a des poésies, et quelques-unes des chefs-d'œuvre, pour les pauvres gens de métiers et ceux de l" rue et les vagabonds des grands chemins. Lisez: Les Vaillants Timonnie,·s, Les Cordie,·s, Les Cordonnie,·s, Les Petites Gitanes, Les Compositeu,·s, Le Gateau du Peuple, etc. Tout cela est vrai, sincèrè, ému, .ans ce sentimentali~me factice et pleurard, souvent niais, des poètes qui se font effort à feindre ce qu'ils ne sentent pas. En perdant Auguste Fourès la cause que nous servons a perdu un de ses meilleurs soldats. Sincère démocrate, vrni fils du peuple. Fourés est mort avant d'avoir vu se réaliser ce qu'il avait souhaité si ardemment, ce qu'il avait évoqué si vigoureusement la Marianne Latine, qui précèdera sans doute la République Universelle, mais on ne saurait séparer son nom dd cette idée bientôt triomphante. L'Ecornitleur, par Jules Renard, l vol.; Ollendorff, éditeur. Ironique roman que faisait présager d'ailleurs un livre précëdent Sourù-es pincés, dont j'eus, il y a quelques mois, un certain plaisir à rendre compte ici mème - cet Ecornifleur est aussi une œuvre neuve, tant par la
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