4.76 LA REVUE SOCIALISTE énorme de propriétë foncière, avantages sans lesquels il serait absolument impossible de réaliser lïnstitution du crédit agricole. En effet, !'assurance par l'Etat constitue l'unique moyen de créer un gage sérieux -à défaut duquel les capitaux, toujours méfiants, continueront à se tenir éloignés de l'agriculture. Il est permis de formuler cc principe en ces termes : « Pas d·assurancc, point de crcdit agricole. » Pour faire ressortir la modicitë de la cotisation cxigce de chaque contribuable, nous prendrons comme exemple un cultivateur dont l'imposition s'élève à la somme de 200 francs. En ajoutant 20 centimes au principal, la contribution totale se trouve augmentée de 20 francs. Si cc même contribuable s'adressait à une compagnie qui d"ailleurs ne !"assurerait que contre la grêle, il serait obligé de subir des conditions autrement onéreuses, sans avoir la certitude d'être indemnise en cas de sinistre. Les 20 cent unes additionnels produiraient annuellement une somme d"environ ï5 millions. Les gelees, la grêle et les inondations occasionnent chaque année, en moyenne, une perte de .50millions. L'excédent de 2.5 millions serait verse dans une caisse spéciale et produirait des intérêts dont la capitalisation augmenterait graduellement ce trésor de l'agri- ,culture. Au lieu d'immobiliser ces fonds on pourrait les faire servir au fonctionnement du crédit agricole, qui obtiendrait de cette institution un nouveau et puissant concours. Un des principaux reproches adressés à notre proposition consiste à dire qu"elle est une manifestation du socialisme d'Etat. A cette objection si fréquemment renouvelce, d'ailleurs, nous rCpondons que dans une société civilisée aucune réforme ne serait possible si chaque citoyen ne faisait le sacrifice d'une portion de sa liberte en vue de l'interèt général. La Révolution proclama toutes les libertcs, mais les evênements fâcheux qui contrarièrent son développement l'empêchérent de remplacer les corporations abolies p11r des institutions d"un caractère plus démocratique. Le citoyen se trouva libre ; mais, peu pénétre de l"csprit d'association, surtout dans les campagnes, il ne tarda pas a devenir victime de son isolement. L"école libérale encouragea longtemps cette tenda:1ce à lïndividualisme qui devint la source de notre faiblesse, Aujourd'hui une rcaction salutaire se produit de tous les côtes. L'étude des questions sociales s'est impo~Ce3 l"attention des mandataires du pays. Les uns prétendent que l'association ne peut exister qu·a la condition d'être retenue par le lien de la religion; c'est Je socialisme chrétien. Les autres affirment que la force seule réussira à améliorer le sort des classes laborieuses ; c'est le socialisme révolutionnaire. D'autres, enfin, pensent, avec raison selon nous, qu'un ctat démocratique puis- .samment organisé est seul susceptible d'aider au rclêvcment moral et matériel des travailleurs sans porter atteinte à la liberté. Notre Etat républicain n'est, en somme, qu'un groupement de citoyens libres qui pourraient modifier ou supprimer tôt ou tard, dans la plenitudc de leur souveraineté, une législation qui leur semblerait oppressive. PROPOSITION DE LOI Article Premier. - L'Etat assure à chaque agriculteur lïntcgralité du montant de sa récolte. Art. 2. - 20 centimes additionnels au principal des quatre contributions directes seront perçus dans cet objet sur toute l'étendue du territoire de la République. Sont affranchis de cette contribution les immeubles qui n'ont pas un caractère rural et les contribuables dont l'industrie est étrangère à l'agriculture. Les autres articles du projet sont relatifs au mode d'estimation <les dégâts. La seconde proposition a pour objet la création d'une caisse générale d'assurance agricole dirigée et administrée par l'Etat. Elle a été présentée par M. Chollet, député.
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