LA QUESTION SOCIALE DEVA1'T LES CORPS ÜUS '173 l'ouvrier et l'employé? On n'y a point songé. Bien plus, on ne s'est pas aperçu que de l'amé:ioration survenue à leurs patrons allait naître pour eux un surcroit de misere. » « Ils payent tout plus cher et ils ne gagneront. pas un centime de plus. On a donc ,pu dire, avec raison, qu'en réalitC cela équivaut pour eux 3 un abaissement de salaire. « C'est un fait accompli ; pourtant, il est temps encore d'y remédier ? « Que fa11t-il faire ? Scion nous. il n'y a qu'un moyen, sinon de réparer tous les <lommages, du moins de porter secours aux intérêts les plus compromis. << Nous avons montre que le nouvel etat de choses allait, en créant à !"ouvrier ou employé des charges supplémentaires, laisser au mème taux son salaire quotidien. « Logiquement, puisqu'on savait qu'on allait accroître les charges, on aurait dû penser à etablir tout au moins une compensation en prenant du même coup des dispositions en vue d'un accroissement correspondant des salaires ...... . « Ce que nous demandons énergiquement, cc que nous venons vous proposer, c'est de décider la fixation d'un minimum de salaire. « Nous touchons là, avons-nous dit, à l'une des questions qui, mème en dehors des -circonstances actuelles. tiennent le plus à cœur aux socialistes, et, qu'on le remarque bien, à une question qui a reçu dejà une solution pratique en Angleterre et aux EtatsUnis. « En Angleterre, les « Trade's Unions\> ont fixC un minimum de salaire pour -<:haque genre de travail et ont ainsi établi l'uniformite des salaire~ pour un même métier. a: Aux Etats-Unis, même œuvre a Cté accomplie par les corporations d'ouvriers; un minimum de salaire est fixè par métier selon la valeur et les attributions de chacun. « Depuis l'installation là-bas du régime protecteur, les salaires se sont élevés dans de notables proportions. On a jugé que la protection, en enrichissant l'employeur, lui permettait 1 en effet, d'augmenter la rétribution de son personnel. Mais, malgré cette augmentation, les travailleurs américains n'y ont point trouvé leur profit, car, s'ils gagnent Jujourd'hui davantage, ils peuvent, à peine, avec leur nouveau salaire, se procurer l'équivalent de ce qu'ils achetaient auparavant avec des ressources moindres. « Toutefois, on voit par là que quelque chose a été fait pour les travailleurs aux .Etats-Unis. Il y a mieux. F.n même temps qu'on a protcgé la production nationale, on .a compris qu'il y avait obligation stricte à protéger la main.d'œuvre nationale, et l'on a pris à <"et effet diverses mesures qui ont eu pour rCsultat d'arrêter l'immigration chinoise et de diminuer l'immigration européenne. « On sent qu'en se lançant dans le protectionnisme, les Etats-Unis n'ont point agi à l'aveuglette i on voit qu'ils ont voulu faire une expérience serieuse, car ils se sont -enquis de toutes les CQnséquences du changement de leur orientation économique et ils ont pris toutes les dispositions possibles, afin d'atténuer les dcsavantagcs qui devaient fatalement en résulter pour les travailleurs. « En France, on a agi avec beaucoup moins de prévoyance. Les agriculteurs et la plupart des industriels ont voulu être protégés, et chacun d'eux ayant consenti, pour ,qu'on le protège, à protéger son voisin, tous ceux qui a,vaient une influence, tous ceux ,qui pouvaient donner un coup d'cpaule en échange d'un coup d'epaule, tous ceux-là ont obtenu cc qu'ils désiraient ..... « Le travailleur n'aurait pu dire qu'une chose : Protégez-moi pour que je vive. (( Seul il a CtCoublié ; et il va traîner misère, tandis que le patron pourra. en se -servant d"une main-d"œuvre etrangèrc et souvent à vil prix, vendre plu,s cher ses produits sans prcoccupation de concurrence. « Il est impossible que cette situation n'émeuve pas le Parlement. Depuis le début de la législation, plusieurs propositions tendant à la protection de la main-d'œu_,vre française, ont étC deposécs sur le bureau de la Chambre. JI est indispensable qu'on les fasse venir, sans retard, en discussion. L'adoption de l'une d'elles soulagera grand~ment les travailleurs français. Cependant, nous avons la cqnvicttiqn que cela ne suffira poin
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