La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

4i2 LA REVUE SOCIALISTE Déjà au neuvieme Congrès du Parti ouvrier, tenu à Lyon, en Novembre dernier, prévoyant cc qui est aujourd'hui en partie réalisé, les delégués de 291 chambre~ syndicales et groupes socialistes ont introduit dans le programme des prochaines elections municipales un article visant la suppression de toutes les taxes extérieures et intcrieurcs sur tous les objets d"alimcntation. D'autre part, à Lille, Roubaix, Tourcoing, Armentières, Calais. Fourmies, Lyon, Roanne, Nantes, St•Nazaire, Bordeaux, Troyes, dans des assemblées populaires de plusieurs milliers de citoyennes et de citoyens, mandat m'a été donné de poursuivre l'abrogation immédiate de ces droits affameurs. Les elus socialistes ne pouvaient laisser faire et laisser passer ce qui constitue un vcritab!e complot contre les estomacs ouvriers. Il nous appartenait de reagir contre le mal avant qu'il ne soit irreparable ; il nous appartenait égalernent de mettre tous les partis républicains en face de la responsabilité qui les attend : vous ferez à ce cri d'alarme que j'apporte à cette tribune, au nom de mes électeurs et du Parti ouvrier. l'accueil qu'il vous conviendra. J'ai un devoir à remplir et je le remplis, en vous soumettant la proposition de loi qui suit et pour laquelle je demande l'urgence : PROPOSITION DE LOI. ,Article premier. - Sont abroges les tarifs d"entrée portant sur les denrées alimen• taires, énumerées dans le~ première et deuxième sections du Tableau A du tarif géncral des douanes, promulgue le 11 janvier 1892. La discution a été fort serrée de la part de Lafargue qui a démontré, sous les clameurs des gros propriétaires ruraux de la Droite, que la prospérité industrielle de l'Angleterre résultait en grande partie du bon marché de toutes les denrées de première nécessité. Çette puissante nation n'a pas besoin de protection pour produire à plus bas prix que ses concurrentes. La seconde proposition relative à la fixation d'un minimum de salaire n'est pas moins intéressante. Elle constitue la contre-partie et le complément des mesures protectionnistes qui viennent d'être mises en vigueur. Puisqu'on a cru bon de protége1 la propriété agricole et la propriété industrielle, pourquoi ne protégerait-on pas également le salaire de l'ouvrier ? Pourquoi traiter avec une inégalité si flagrante des intérêts dont le plus respectable est bien certainement celui de l'homme qui n'a pour tout bien que son travail; celui-là surtout souffrira des oscillations économiques que va produire l'inauguration du nouveau régime douanier. li est le seul auquel la majorité des Chambres n'ait pas songé. Voici les passages les plus intéressants de la proposition Pierre Richard, dont l'urgence a été repoussée par 361 voix contre 101. Remarquons le nombre assez considérable des députés qui, en votant l'urgence, ont affirmé quelque sympathie en faveur de cet article important des programmes socialistes : M. Pierre Richard. «. Oepenses nouvelles, avantages nub : telle est la situation faite aux travailleurs. « Quant à l'agriculteur et à rindustricl, leurs affaires vont au contraire prospérer, si les calculs de la majorité du Parlement se réalisent. « N'aurait-il pas été juste de faire profiter proportionnellement de cette prospêrité

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