La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

CORRESPO:-1D ANCE 467 Si donc, on se met tout-à-coup à accroitre le chiffre des -offres à t'échange, il est clair que leur valeur seront rapidement rMuites à zéro. Par suite, les réalisations poursuivies ne seront pas obtenues. Je pose en fait que, dès la cinquieme année du système, les acheteurs de valeurs mobilières n'auraient plus à donner que -45,000francs en numéraire pour devenir possesseurs de 450 millions à eux annuellement offert. Ce serait le retour des papiers de Law et des assignats. Cela me serait parfaitement égal, puisque ce serait révolutionnaire; mais le malheur est que pendant ce temps il faudra tout de même alimenter le budget, et que à l'envers des valeurs mobilières l'impôt croitra aussi bien en valeur absolue qu'en valeur relative, c'est-à-dire que la difficulté de l'acquitter ,deviendra presque toujours insurmontable, ce qui affamera. un peu plus le prolétariat que le système a l'intention de soulager. Pour que la mesure fut efficace, il faudrait distribuer graütilement, les valeurs mobilières distraites des hérik1.ges; et alors apparaissent tout-ù-coup une série d'impossibilités que je n'ai pas besoin d'énumérer. Passons aux terrains non bàtis. Ici les auteurs du système calculent des annuités d'ordre -croissant, partant de 10 millions, pour arriver ù 250 millions au bout de vingt-cinq ans, mais ces annuités seraient acquittées par des travailleurs que le système veut arraclter à la misère! (Ce sont les termes du projet). Or, pour que ces travailleurs puissent acquitter 10millions 150 millions, ~50 millions, il faut préalablement qu'ils aient pu les recevoir en échange de leur production. Cette recette annuelle suppose donc que les transactions agricolas, industrielles, commerciales ont conservé pendant 25 ans une activité normale existante dès le début. Mais, précisément on constate, à cette heure, un ralentissement général, une pénurie et une difficulté considérables à -échanger à l'intérieur, parce que principalement les moyens d'échange décroissent, pendant que l'impôt croit; et il continuera à croitre, d'autant plus, que, comme je viens de l'établir, l'offre .annuelle de 450 millions de valeur mobilière aura accru les charges du budget. Si bien que l'annuité, de 10millions, calculée par les auteurs du système, deviendra, en fait, à cause de la difficulté d'échanger et d'obtenir le medium nécessaire à l'échange, 20 ou 30 millions dès la première année. Dans ce.s conditions comment pourra-t-on trou ver un produit rémunérant le travail des acqué--

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==