La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

4Li6 LA REVUE SOCIALISTE que et soulagerait les charges du travailleur; c'est, au contraire parce qu'elle constituerait un moyen r·évolutionnaire, tout à fait transitoire, et destiné à produire, bien plus rapidement encore que li'/, fiscalité nctue/le, le grand cataclysme que je crois indispensable à la transformation de notre organisation sociale. Certes, il parait aisé, au premièr abord, de profiter des successions pour procéder à une meilleure répartition des biens ; mais comme cette façon de répartir laisserait debout autour d'elle, toutes les autres institutions du capitalisme; comme, par couséq uent, il lni faudrait avoir recours aux moyens capitalistes, et, entre autres, à l'intermédiaire de !a monnaie, cette circonstance seule suffirait à paralyser complètement les bous effets poursuivis par les auteurs du système. Eu effet, il repose tout entier dans l'accomplissement des opérations sui van tes: « Distraire de.;;biens possédés par les décédés une part qui, « actuellement passe, à titre gratuit, aux mains d'une certaine « catégorie d'hùritier.;;, et distribuer ces biens à des acquéreurs « quelconques, mais à titre onéreux. )> Il s'agit donc, finalement, de remplacer une mutation qui se passait de l'intervention de la monnaie, par une autre mutation qui, au contraire, se résoudra, uniquement, gràce à l'intervention de la monnaie. Là est tout le danger. Les biens à répartir sont de trois ordres: Valeurs mobilières, terres non bût1es, constructions. Prenons d'aborJ les valeurs mobilières. Il s'agit ici de vendre, annuellement, pour 150 millions de valeurs, (chiffre moyeu d~s valeurs successorales d'après les auteurs du système). Ont-ils jamais réfléchi à l'effèt que produirait ana uellement l'apparition sur le marché de 450 millions de valeurs offertes e,i sus des transf/ctions intérieures habituel/es? :\lêmo au cas où la crise monétaire ne serait pas ce qu'elle est actuellement, cotte surabondance d'offres amènerait une dépréciation considérable. A fortiori dans le cas, qui est celui où nous nous trouvons, d'une pénurie do numéraire généralement constatée. J'ai démontré, ailleurs, quo la circulation monétaire décroissait périodiquement, et qu'en ce moment c'est à peine si elle portait sur 3 milliards et demi (y compris le stock de la Banq ne de Franco) alors qu'on 18i8 elle comptait encore sur 6 milliards et demi (1). 'l) Yorez Où est !'Argent, p. 15~; d'ailleurs il est certain que depuis 1872 les fr.tppes' 011t été presque insi<>Înifiantcs: frappes de l8i2-1<!89: 1363 millions; frappes de 1855-1812: 5.31!'1mil ions.

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