La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

J'.:<'110S J>R.nIA T!Qt:ES 1Gl vieillard En un mot, celui qui a eu le malheur d'avoir un enfant avec une femme mariée, doit subir un effroyable martyre, s'il a du cœur. On prétend qu'en général ce viscère est peu développé, et que le père du Médeci11ds~sE,if.mts n'a pas de nombreux frères. Tant mieux, car la loi est d'autant plus impitoyable, qu'elle est juste jusqu'à un certain point. Celui qui a la peine doit avoir la récompense; or, le mari nourrit, élève l'enfant, lui donne son nom. C'est une sorte de propriété dont il a la charge et les profits. Dans ces conditions, le père naturel devient fatalement un étranger. Il serait peut-être nécessaire de ne pas trajter la femme et l'enfant, comme une nichée de petits chiens ou une portée de petits chats, qui appartiennent tous au maitre du logis, quel que soit le caniche ou le matou qui ait collaboré. Le père légal est bien peu de chose auprès du père réel : et vraiment son droit de propriétaire est abusif. Si j'~tais mari, je me contenterais sagement. tant que la loi ne serait pas tombée en désuétude, d'étre locataire et de déloger à la clochette de bois en cas de malheur. Un vieil et remarquable artiste qui s'est fait une réputation universelle et méritée dans le Courrier de L_ro11, Paulin Ménier, est applaudi avec ju~tice dans le Médecin des E1if.111!1. Son jeu sobre et correct devrait servir d'exemple aux dramaturges en herbe. Le nom de Mlle Y-i.•t'fft'Guilbert qui s'intitule chanteuse fin de siècle, résonne trop souvent aux oreilles du public, pour que nous la passions sous silence. Cette jeune femme, d'allure distinguée, à la tête fine sans être jolie. Son succès très réel, dit-on, puisqu'il se traduit par de grosses sommes,dénonce chez nos contemporains des troubles cérébraux inquiétants. Y-i.•etftG· uilbert prête un filet de voix, juste du reste, à de jolies petites insanités qui toutes roulent plus ou moins sur ..... la naissance du genre humain. Si cela vous intéresse de savoir ce que le pioupiou dit à sa promise, le gommeux à sa dégraffée, le journaliste à son artiste! le monsieur durement cahoté dans un fiacre à sa victime; le vieux barbon aux toutes petites filles; allez entendre Yvette, vous serez édifié. Ses mines sont fort... polissonnes; mais les gestes ne tiennent pas les promesses du visage; ce dont je la blàme d'une façon artistique: le corps tout entier doit participer à l'action ; c'est un précepte de mimique. Si folichonne que soit la Vénus impudique chantée par Yvette Guilbert, on se lasse des meilleures choses ; après avoir vécu, l'homme veut rêver, fut-ce aux étoiles; dans les lignes graciles du corsage, dans !"allongement un peu exagéré du col, la divette a précisément cette gràce chaste et mélancolique qui porte :t la rêverie. C'est chose navrante de la voir détruire à plaisir l'œuvre de cette grande artiste, la nature, en appuyant de ses lèvres délicates, sur des gravelures qui manquent de sel à force d'être rebattues. Nos applaudissements donnent

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