4ü2 LA REYUE SOCIALISTE aux artistes la vogue et la fortune; ils doivent, en retour, respecter chez ceux qui les écoutent l'amour du beau et de l'harmonie. Malheureusement les milieux décadents, où certaines fleurs de café-concert puisent leur sève factice, sont plus utilitaires qu'artistiques. Passons à la F11111iPlloenl-73iquet, le succès du Vaudeville. Cette pochade assez gaie, use de toutes les ficelles accoutumées ; bellesmères amoureuses et burlesques ; gendres folichons ; ingénue bébète; mari sourd ... quand il n'a pas résisté à la tentation; et enfin dégraffée suggestive à laquelle sacrifie toute la famille Pont Biquet. J'entends Je beau-père et les gendres. Tous magistrats les Pont-Biquet! Juges d'instruction par droit héréditaire! Cette famille hétéroclite se dédommage en secret de sa dignité de commande, elle entretient de petits vices intimes, dissimulés sous des dehors austères. Tomber la magistrature est œuvre pie ; c'est là peut-ètre la qualité maitresse de la Fa111illPeout-73iquet. L'auteur ne vas pas encore et pour cause, jusqu'à nous montrer le magistrat métamorphosé en Juif-errant,!et ne trouvant plus mème à Mazas ou à la Conciergerie, une cellule où reposer ses membres endoloris, (voir le "PetitJaumal). Drapés dans les plis de leur robe, les magistrats de la famille Pont-Biquet sont au contraire triomphants, grotesques, et se croient invulnérables. Leur rouge simare brille dans l'ombre, et nulle tache de boue ne peut en ternir l'éclat. Brutales parce qu'ils ont la force, ils couvrent cependant d'un voile prudent leur turpitudes et ne se montrent sans pitié que pour les faiblesses des autres. Ces magistrats de haute et bonne école, emploient dans la recherche des délits, et pour arriver à la vérité, des moyens particuliers. Qpand leur orgueil est en jeu, ils ne sont pas pour reculer • devant la question ordinaire et extraordinaire. Il s'agit bien entendu de tortures morales, et qui sont présentées du reste, avec la gràce qui caractérise le Vaudeville. Les gardiens de la paix et leurs bousculades légendaires ont fait la joie du public. En écoutant cette pièce qui est une satyre assez mordante de la magistrature, nous pensions que le jour où l'esprit humain s'affranchirait de ses entraves, la majeure partie des délits, tous ceux du moins qui sont de convention, disparaîtront. Les magistrats pourront alors se reposer dans leurs foyers, et cultiver en paix leurs choux et l'aimable fleur d'adultère, pour laquelle ils ont une prédilection bien gauloise. Jetant au vent sans compter cette graine d'enfants naturels et adultérins, flétris par eux du haut du tribunal. Voilà donc un aperçu de notre théàtre actuel; à l' Ambigu un drame mal charpenté, qui met en lumière cependant h question de la paternité légale et de la paternité réelle. Dans les cafés-concerts, une étoile, qui donne aux foules le goût des inepties pimentées; un peu plus loin, à l'ombre, le chanteur-auteur, Meusy, produit quelques œuvres fraiches et reposantes. Aux Boulevards, la Fa1111lPleont-73iquet
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