-160 LA REVUE SOCIALISTE ÉCHOSDRAMATIQUES AMBIGU: Le Mideein des Eufants. - CONCERT PARISIEN: Yvette G11ilberl. AU VAUDEVILLE: La Famille 'Aml-'Bi.7uel, Comédie en 3 actes, de Bisson. L'Ambigu a repris, ce mois-ci, un vieux mélodrame en 5 actes d' Anicet Bourgeois et d'Adolphe d'Ennery : Le Médcci11des E11fants. Jnvraisemblable comme situation, vieilli dans la forme, déclamatoire à faux. cette œuvre n'en est pas moins intéressante par les questions sociales qu'elle soulève : elle oppose le père naturel au pater is est quem nuptiœ de111011sfra11t de la Loi: Bien que le divorce vienne souvent dénouer actuellement des ~ituations pénibles; le code n·en demeure pas moins immuable sur la question des enfants nés en mariage. A moins <le désaveu, ils appartiennent au père légal. Admettez un instant que le mari veuille se venger de la femme; il fait constater l'adultère: et obtient la garde de l'enfant de l'amant. Par ce constat d'adultère il empêche la femme d'épouser le véritable père ; comme résultat: un enfant durement traité par un pseudo père, une femme qui ne peut pas former une nouvelle famille en épousant le père de son enfant; et enfin l'amant, qui dévore sa rage impuissante en voyant son fils aux mains d'un autre. Comme stupidité légale c'est assez réussi. La situation est donc poignante au plus haut degré ; le mari a le droit d'arracher un enfant à son père; d'avilir ce père aux yeux de l'enfant; il a le droit de façonner à son gré cette cire molle, de le faire juif ou chrétien, instruit ou ignorant, pur ou corrompu; il a le devoir de l'élever; il a le droit de le détester; il a le pouvoir de l'embarquer pour des années, si c'est un garçon, et de l'envoyer attraper la fièvre jaune; il a encore le droit de livrer en mariage la fille ignorante à un
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