La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

159 /bels montre des études réalistes de couleurs vives, mais surtout des dessins de vive originalité. A11q11eli11 est plus connu, Ra11ço11S,érusier, quelques autres. Gausso11, que nous avions laissé pointilliste, étale des divagations. Il avait compté le nombre de points colorés nécessaires à représenter le coin de Marne de Lagny. Il vient d'y verser de l'or pur et du plomb fondu. La nature l'a halluciné. Les mathématiques mènent à la métapl,ysique. Le pointillé au tantastique. j'aime mieux ce dernier. Qµe sa nouvelle manière ouvre sa veine! Nous retrouvons les pointillistes. Signac, Luce. Mais déjà ce dernier dans son affiche de Pierrot-Mevisto, a bien marché ! Ses Paris gris-bleu, mornes, ternes, secs, ont un caractère d'ennui et de laideur que dépassent seules ses femmes à leur toilette. Mais les vrais murs de Paris, tatoués de son Pierrot le vantent mieux que ceux de !'Exposition. Quelques autres C[)u/ac, Gir,111, restent plus indépendants. Giran est celui qui offre à l'exposition les tableaux les plus aimables, les plus propres. Il détonnerait ailleurs. Ici il parait doux. li y a un peu d'école de Claude Mo11e/ en lui, et une grande Yirtu0sité. Pourtant dans ce papillotement de tons, cette diffusion de lumière sur les bords de Seine, les arbres de fin d'automne, cette mort d'été dans un éparpillement de couleurs. il y a une sensation bien personnelle, une vision de l'air, la danse du jour dans les yeux, l'immense bourdonnement de la couleur dans un jour pur qui va s'éteindre. FREDDIS.

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