La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

C.\OET ET LES IC.\ RIE:'\S 4.51 ferrr.a néanmoins comme terrorist<' et lui fit friser la guillotine. Il s·en fallut de peu que la rapport mensonger de Courtois sur Robcspicrl'e et ses comvlices n'amcnùt. cc tragique résultat. Sous le consulat, Jullicn employé dans l'intendance de rarméc dïlalic devine la perverse ambition ùe Bonaparte et se brouille avec le futur empereur. li fonde en 1813 Je Constitution,iel, sous son premiC'r titre: r1nddpe11drmt, voit ce journal incriminé pour se sentiments patriotiqu<'s et subit une seconde ou troisième fois les rigueurs des cachots. Ensuite. il crée la Uerne E1zcyclopedique - première bonnr revue française - s'occupe de lïnstrnction pnbliqnc en exposant dans un excellent li He le système de Po lalozzi, et organise pour resserrer les liens entre lC's hommes de tons les pay' le banquC't périodique del' C1iion -ClesXotions. Cc banquet réunissait une fois par mois chez Postel, restaurateur de la rue Sainl-llonoré tous les Nrangers de quelque valeur présents à Paris. J"y ai diné avec Sidney Smith, amiral anglais, avec le diplomate grec Coletti, avec Amoro . le colonel espagnol, introducteur de la gymnastique en France, et une foule d'au trcs illustrations plus ou moins oubliées aujourd'hni. Jamais le brave Jullicn ne manquait à la fin du repas de porter un toast aux femmes, dans un langage qu·auraient pu lui envier les deux Legouvé père et fils. AY<'Ccela passionné pour toutes les réformes, pour tous les progrès, il se remuait sans cesse. On le rC'ncontrait à tons les Congrès - toujours en crarnlc blanche et en habit noir - car sa tenue était uniforme comme sa conduite. Celle-ci étail réirlt'.•cainsi qn'un cadran: il trouvait du temps pour faire dïnnombrablcs visites, fréquenter plu ieurs sociétés savantes, écrirr tons les soirs le journal de sa Yic, publie!" de temps en temps quelque opuscule en prose ou en vers. Poète, il était ùe récole de l>elille, mais jamais il n·aurait dit nn mot contre Lamartine ou Yictor Hugo. Si l'audace de ces novateurs littéraires le choquait secrèlC'ment, il avait irop d'indulgence dans l'esprit pour leur infliger un blâme ùéclaré. De mème, désirant ne pas froisser les opinions politiques existantes il se contentait de classer les siennes dans le libéralisme iL!"ordre du jour, sous l'égide de \\'ashington, de Kosciuszko et du Lafayette. Rarement il parlait de 93. Il esquivait plutôt ce sujet chaque fois que je tentais de l'aborder. Je ne réussis à recueillir sa pensée intime sur l'homme marquant de celte mémorable époque qu'il avait connu intimement, qu'aux dernières heures de sa vie. Le vieillarJ dont les barric:ides de février avaient un moment ranimé les espérances, et qui présida quelque tC'mpsun Club, s'éteignit moins sous le poids ùc l'âge que par de nouvelles

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