LliNDlS SOCIALISTES 447 moins de légalité, moins de contrainte et plus d'amour, moins de considérations d'intérêt et plus de libre choix. L'ass~rvissement de la femme, la trop grande contrainte légale et le mercantilisme matrimonial qui ont pour contrepartie : l'adultère, la prostitution et l'ensauvagissement effroyablement croissant des mœurs conjugales; tels sont les principaux fléaux de l'actuelle forme familiale actuelle. Du premier, Ch. Secrétan, dans la Revue du Cbristiauis111peratique, dont le titre indique assez la kndance, a dit avec une expressive indignation: ,( Le mariage résultant d'un accord librement stipulé entre deux êtres raisonnables. ce contrat ne doit renfermer aucune close immorale, et rien ne saurait être plus immoral que de renoncer à sa liberté personnelle. « Aussi, ne pouvons-nous pas réprouver avec trop d'énergie les législations qui ne permettent à la femme de concilier l'honneur, l'amour et la maternité qu'au prix de cette chose abominable: le sacrifice de sa personnalité. Si le devoir de l'individu n'était pas un compromis perpétuel entre la raison et la coutume, si la nature ne rétablissait pas le plus souvent elle-même l'ordre renversé par la loi, nous serions contraints d'avouer que la condition faite à la 111atrouest plus abjecte encore et plus i111111orqaule la profession de la courtisaue; puisque cdle-ci ne prèle que son corps et peut toujours se repreudrc, tandis que l'honuête femme se livre tout e11tière t pour jamais. Ce n'est pas trop dire ; les mauvais résultats de la contrainte légale avaient déjà été indiqués par Montaigne : (( Nous avons pensé attacher plus ferme le nœud de nos mariages pour avoir osté tout moyen de les dissouldre; mais d'autant s'est desprins et relâché le nœud de la volonté et de l'affection que celui de contraindre s'est estréci. » Herbert Spencer qui ne saurait guère passer pour un socialiste, juge comme Montaigne, et il ose conclure : « Dans les classes primitives, pendant lesquelles la monogamie permanente se développait, l'union de par la loi, c'est-à-dire originairement l'acte d'achat, était censée la partie essentielle du mariage et l'union de par l'affection n'était pas essentielle. A présent, l'union de par la loi est censée la plus importante et l'union par l'affection la moins importante. (, Un temps viendra où l'union par affection sera censée la plus importante et l'union de par la loi la moins importante, ce qui vouera à la réprobation les unions conjugales où l'union par affection sera dissoute. ,( Il est remarquable que le plus illustre adversaire du socialisme lui donne partiellement raison, relativement à la famille, concevant lui
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==