La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

414 LA REVUE SOCIALISTE ront au despotisme et à la décadence à travers une sene d'épouvantables luttes sociales, si l'on suit les anciens errements ... Ou l'égalité s'établira, ou les institutions libres disparaitront, ou le droit de propriété sera modifié dam le sens social, ou la société périra. » Ce n'est pas là, qu'on le remarque bien, une voix isolée. Parmi ceux qui, en dehors des socialistes proprement dits, réclament, à des degrès divers, une refonte sociale du droit de propriété toute le monde cite, en Angleterre: J .-S. Mill. sir Alfred Russell Wallace; en Allemagne: Dühring, Adolphe Wagner. Louis Buchner, Hansen; en Suisse: Ch. Secrétan, Léon Walras ; en Espagne : AszcaTate; en Portugal : Oliveira Martins; en Italie : Achille Loria; en Belgique : Guillaume Degreef, Hector Denis ; en France : Ch. Letourneau. J .-M. Guyau, Fauconnier et combien d'autres philosophes ou économistes éminents! Les socialistes ne sont donc pas seuls à dire que, 1~propriété individuelle n'a jamais assuré la paix sociale, n'a pas fondé la liberté, qu'en tout cas elle ne répond plus aux nécessités sociales présentes et que si l'on veut mettre fin à des misères innées et éviter une conflagration effroyable, il faut se hâter de remplacer notre organisation propriétaire trop individualiste par une organisation plus sociale, plus conforme à la justice, el telle d'assurer le bien-ètre de tous par le travail. Ce que pourrait ètre cette nouvelle organisation propriétaire, nous le dirons dans la partie positive des présentes études. V!ll. - LA FAMILLE ACTUELLE ET L'EVOLUTION FAMILIALE. Comme toutes les i,is/ilrllions humaines, la Farml/e est so"mise à la loi de l'ivolutùm. r-Prcuvtshistoriques de ce. fait. - Caractère de l'aticietidroit familial. - 'Difectuosité et mora/iti de la pratique matrimouia/e actuelle.- Daru quel sens l'organisa/ionfamiliale peut el doit élre ami/iorù. Comme la 'R__eligion, comme la Propriété, comme la Cité, comme l'Etat, comme toutes les institutions cardinales des civilisations humaines, la Famille est soumise aux lois de l'évolution universelle et elle -est dépendante des autres réalisations sociales. On a dit avec raison : telle société, telle sorte de groupement familial. C'est en étudiant les anciennes formes religieuses et propriétaires ,que l'on voit pourquoi la famille a été tour à tour, dans ses formes successives, promiscuitaire, matriarcale, polyandrique. patriarcale polygamique et finalement, dans les pays civilisés, monogamique : Mais remarquez: bien que cbaque forme nouvelle a corr.spondu à des 1évoluJions rdigimses, politiques ou économiques. D'après cela, plus a été dure la domination cultuelle ou proprié- •

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