44.0 LA REVUE SOCIALISTE contraignent les prolétaires. sous peine de mourir de faim, à subir toutes les conditions des capitalistes. Toutes choses donc restant en l'état, les progrès industriels tournent fatalement contre les travailleurs destinés ainsi à devenir de plus en plus misérables, pendant qu'en vertu de nos progrès, les capitalistes, de moins en moins nombreux. deviennent de plus en plus riches. Le fait est là, les travailleurs de moins en moins payés, peuvent de moins en moins racheter leurs produits ; il y a surproduction, engorge111entdu marcbé. pendant qu'ils manquent de tout, et alors éclatent ces crises et s'étendent ces chômages générateurs de souffrances et de mortels dénuements qui font frémir. Le roi phrygien Midas avait reçu de Bacchus le don dangereu?( de changer en or tout ce qu'il touchait, le capitalisme change en facteur~ d'oppression et de misère tous les progrès scientifiques et industriels. Rien à répondre, par conséquent, à cette constatation de Ferdinand Lassalle: « Le travail antérieur, le capital, écrase le travail viva11t, dans une société qui produit dans les conditions de la division du travail, de la loi de la co11currmce et de l'aide-toi. Les propres produits de son travail étranglent le travailleur! Son travail d'hier se soulève contre lui, le terrasse et le dépouille de son produit de travail d'aujourd'hui. ,, Et plus le travailleur produit, depuis l'avènement du machinisme, plus il accumule de capitaux au service de la Bourgeoisie, dont il augmente la propriété, plus 11 facilite par là les progrès ultérieurs de la division du travail. plus il augmente le poids de sa chaine, plus il rend déplorable la situation de sa classe. » Devant un si meurtrier système d'exploitation capitaliste, qui tient tous les progrès modernes en échec et des millions d'êtres humains dans le servage et dans la douleur, n'est-il pas compréhensible qu'une savante et puissante école socialiste n'ait vu dans le socialisme qu'une question économique. Si, pour notre part, nous avons protesté contre ce retrécissement de la pensée sociale contemporaine, nous n'en disons pas moins que l'objectif immédiat doit ètre l'abolition du salariat, générateur de tant de maux et son remplacement r,ar une organisation solidariste du travail. Nul besoin ici de longues démonstrations. La plus criante iniquité c'est l'iniquité capitaliste; la plus lourde souffrance, est la souffrance prolétarienne; de cette iniquité et de cette souffrance il faut tout d'abord avoir raison et c'est pourquoi, en tète de leurs programmes, tous les socialistes dignes de ce nom ont placé la transformation économique, dont les premières réalisations devraient être telles, de garantir : 1• le droit à l'existence pour tous, dans la 111es11rdees resso1trces CO/lllll ltlleS ;
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==