La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LCXDIS SOCIALISTES Un publiciste autorisé et bien informé M. J. Lœsevitz publiait récemment sur la U-gisl 1/iou d,i fr,m1il de suggestives études où l'on trouve les données suivantes qui n'ont pas été contestées. •• Dans les tissages mécaniques de l'Ain et de Saône-et-Loire, la journée est de 13 heures; dans les tissages de coton des Vosges, elle est de 11 heures; dans plusieurs départements du Midi, la durée du travail est souvent, dans les p~riodes de grande activité, de 15 ou même 16 heures. Les ouvriers, ajoute le rapport de l'inspecteur auquel nous empruntons ces détails, les ouvriers ne peuvent s'y soustraire, sous peine d'expulsion pendant la morte saison. Parfois méme, l'ouvrier passe la nuit complète du samedi. li se retire le dimanche matin, après avoir travaillé 24 heures consécutives. « Dans les petits ateliers de Lyon, dont le nombre est fort élevé (25,000 environ). on travaille jusqu'à 16 et 17 heures par jour. Dans le moulinage de I'Ardèd1e de malheureux enfants de 9 à 12 ans travaillent depuis 4 heures du matin jusqu'à 7 lJeures et demie du soir. Dans les filatures de laine de Fourmies, Anor et Trélar, le travail a été porté à 14 et meme 18 heures. Voilà l'infernale existence qui est faite par l'oligarchie capitaliste, à des millions de salariés " Et pas de protestation individuelle possible. Si vous n'êtes pas content, partet, d'autres attendent à la porte. Telle est la parole que l'on entent! le plus souvent. Et pour un geste, pour un mot, pour un oubli, on est jeté sur le pavé et réduit à chercher longtemps, sans le trouver parfois, le travail exténuant, humiliant et mal payé qui, du moins, empêchait de mourir totalement de faim. C'est ainsi que le m:ichinisme, qui, après avoir assuré leur bienêtre, devait affranchir les prolétaires du travail exténuant, n'a fait qu'intensifier et prolonger leur tâche, que river leur chaine de misère, de servitude et d'insécurité. Le fait s'explique, s'il ne peut se justifier. La production capitaliste exige la concentration des capitaux, le perfectionnement incessant de l'outillage mécanique et. pour l'emploi de la division et de la socialisation du travail de nombreuses agglomérations de travailleurs; elle est, en un mot, sociale dans ses moyens, tout en restant individuelle dans sa forme, c'est-à-dire la chose exclusive de quelques seigneurs de l'industrie qui commandent arbitrairement le travail, exploitent les travailleurs. sans devoirs reconnus, sans autres préoccupations que de gagner le plus possible sur les salaires et leurs subordonnés. Par ce système, le travail étant réduit à l'état de marchandise, il est clair que tous les perfectionnements mécaniques qui accroissent la production de l'effort humain, diminuent, par cela même, la demande de bras sur le marché du travail, rompent l'équilibre et par suite,

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