-138 LA REYUE SOCIALISTE ment des générations ouvrières par l'industrialisme moderne dont le machinisme a milluplé la puissance au profit exclusif de quelques-uns. et au détriment dt la majorité opprimée, exploitée et dolente : Ecoutez, écoutez, enfants des autres terres. Enfants des continents prêtez l'oreille aux vents Qui passent sur le front des villes ouvriêres. l:t ramassent au vol, com1nc flots de poussicre Les cris humains qui montent de leurs flarics Ecoutez ces soupirs, ces longs gcmi:-sements. Qu_e vous laisse tomber leur aile vagabonde Et puis vous me direz sïl est musique au monde Qui surpasse en horreur profonde Les chants lugubres qu'en ces lieux Des milliers de mortels elèvent jusqu'aux cieux. L'auteur des Jambes n'a pas exagéré. En se transformant en usine, l'ancien atelier est devenu une maison de- terreur où l'on va se courber, s'épuiser et mourir, et c'est la population entière qui est prise et broyée dans les engrenages d'acier. Autrefois. les hommes valides, seuls, étaient astreints au labeur industriel, la fabrique moderne prend aussi la femme et l'enfant pour les soumettre, sans considération d'âge ou de sexe, à un travail plus durement commandé,et rendu toujours plus torturant et plus meurtrier. Si vous croyez que le tableau est trop chargé, avant de crier à l'exagération, ô Pangloss de !'économisme orthodoxe, méditez ces. lignes de Frédéric Engels, que Marx a citées dans son Capital : " L'esclavage auquel la bourgeoisie a soumis le prolétariat, sepr<!sentesous son jour dans le système de la fabrique. « Ici toute liberté cesse de fait et de droit. L'ouvrier doit être le matin dans la fabrique, de grand matin ; s'il vient deux minutes trop tard, il encourt une amende; s'il est en retard de dix minutes, il court le risque de perdre sa journée. « Il lui faut manger, lire, dormir sur commande. La cloche despotique lui fait interrompre son sommeil et ses repas. Et comment sepassent les choses dans l'intérieur de la fabrique? {( Ici le patron est législateur absolu. « Il fait des règlements comme l'idée lui en vient, modifie et amplifie son code selon son bon plaisir, et s'il y introduit l'arbitrairele plus extravagant, les tribunaux disent aux travailleurs: {( Puisque vous avez accepté volontairement ce contrat, il faut {( vous y soumettre. » Ces travailleurs sont ainsi condamnés à être torturés physiquement et moralemt!nt, depuis leur enfance jusqu'à leur mort. Qµiconque a peiné dans ce qu'on a si bien nommé les bagnes capitalistes. sait que c'est bien ainsi que les choses se passent encore, même pour la durée du travail, en dépit de quelques lois limitatives en faveur des femmes et des enfants. lois qui, sauf un peu en Angleterre et en Suisse, sont ouvertement violées par les patrons.
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