La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

R~:GLE)IENTATIOX Dt: TRAVAlL )UXJF.R EX flELGJQt;E -109 1890, le prix de la tonne de charbon est monté à 13 fr. 18, soit 40 ¾ de plus qu'en 18 9, tandis q11cle salaire annuel moyen n'a atteint que I,117 francs, soit 20 ¾ de plus seulement sur le salaire' de l'année précédente. Les ouvriers ont donc intén\t à YOir appliquer le ~ysti•mc <lel'échelle mobile des salnircs. La section CC'ntralecependant ne SC'prononce pa:;;sur cette question. ~Iais il e,:;tcertain que l'échelle mobile doit avoir pour base la fixation <l'un salaire mi11im11m, en èC'ssousduquC'l on ne pourra dcscPndre, cc salaire dernnt reprt'.•~enfrr cc qui est indi,:;- pensablc ù J'ouuiC'r pour YÏ\Tc, se Yètir et se loger, aYec ~a famil le. :\I. SabatiC'r et la section centrale ne veulent point entendre parler <l11minimum de salaire, et ils déclarent << ne paspouvoir s'élevC'r avec trop d'énergie contre un pareil sysH·mc )). Cette déclaration est assez curieuse, aujourd'hui surtout que l'idée dn minimum de salaire est admise' par un grand nombre de cléricaux. Le g-onYcrneur do la Flandre orientale ne s'est-il pas déclaré favorable à l'établissement <l'un minimum de salaire? Et les deux députés cléricaux, :\1.\1.IlelleputtC' et Schollae:-t, de Louvain, nC' viC'nnent-il pasde pétitionner auprès dn Conseil communal <le cette dernière villf' en faveur de ccttC' mesure'? Combien les prt'.•jugés sont encore nombrC'ux et enracinés, surtout pour tout cc qui a rapport aux conditions du travail! On se plaint des grèYC', on condamne de soi-disant meneurs et on ne veut pas faire cc qui est nécC'ssaireet bon à la fois pour IC's patrons et les ouvriers, c·c,:;t-ù-dirc établir une échelle mobile de, &'llaires ! Celle-ci n'est admissible qu·a,ec un minimum de salaire assuré ,l l'ouvrier, cc minimum était égal pour tous les ouniers, ce n'est plus sur l't•lément salaire seul que les industriels ou les exploitants de charbonnages pourront se faire une concurrence acharnée, comme c'est malheureusement le cas aujourd'hui. Cette réforme est utile et faisable sans peine ni diffin1ltés. Xe pas la faire, c'est provoquer de nouvelles grllves, c·est-à-dire faire œuvre mauvaise, condamnable. ~1. Paul Janson, dans les développements de sa proposition de loi, a préconisé l•galcment le système de la participation des ouvriers aux bénéfices de l'cxploilalion. Il a dit, si nous nous souvenons bien, que l'Etat devrait précher d'exemple pour les ouvriers et employés de chemins de fer.

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