La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

408 L.\ RE\'UE SOCIALISTE grè,e est la seule arm0 que possèdent les ouvriers ponr ohtenir justice. ou pour protester contre une injustice de la part des patrons qui cherchent à diminuer les salaires ou à augm<>nter la durée de la journée de tmrnil. A qui faut-il s·0n prendre, si les relations entre ouvriers et patrons sont dilllciles? Aux ouvriers? Mais ils n'ont rien à dire? Sïls veulent s'associer, on le leur interdit. S'ils veulent discuter ar<>cleurs patrons, on les traite de meneurs et on les chasse des atelier;; ou de;; chantiers. Ce qui existe donc est la faute des patrons, des dirigeants, qui n'ont rien fait pour concilier, dans la mesure Je cc qui est possible, les deux intérôts antagoniques en présence : le travail et le capital. Pour mctlrr fin aux grèves et rmpêcher leur retour périodique,:\I..Janson préconise le système que l'on a appelé l'échelle mobile des sr,ltJires. Pour le dire en deux mots, ce système consiste à augmenter ou diminuer le taux des salaires d'après le prix de vente des produits. On peut ainsi arrôtcr d'avance, entre ouvriers et patrons, des conventions d'après lesquelles, par exemple, quand le charbon se vendra 5 francs la tonne, l'ouvrier aura 3 francs par tonne 0xtraite, puis 3 fr. 60 quand le prix du charbon sera de 7francs, 1 fr. 25 quand il sera de 8 francs et ainsi de uite. Cc système est pratiqué sur une grande échelle en Angleterre et dans l'Amérique du Kord. 11 a été préconisé p011rmettre fin à des grèves continuelles et désastrcnscs pour les denx parties en lutte, et depuis lors patrons et ouvriers sont satisfaits de l'exécution du contrat de travail. l\I. Hector Drnisa développé longuement cette proposition, en se basant :,UI' les chiffres des salaires et le prix de vente du charbon en Belgique. D'après lui, la révisiou des salaires ne devrait se faire qne périodiquement, tous les trois mois, parfois tous les mois, de façon que la fluctuation des salaires suive la fluctuation constante des prix de vente. La dirccLion des mines, consultée par la section centraJe de la Chambrc, s'e. t déclarée fayorable au système de l'échelle mobile. Le directeur génfral des mines, l\1. G. Arnould, prétend qu'il y a, dans les années normales, un paralli'lc à peu près constant entre le prix de vente à la tonne de charbon et les salaires. Cela n'est pas tout à fait exact, croyons-nous, et nous nous l)asons sur les chiffres des salaires et les prix de vente du charbon dans ces dix dernii'res années. Cela est encore moins exact si on compare les années 1889 et 1891>. En 1889, le prix de vente ù la tonne était ùc 9 t'r. 15 et le salaire annuel 93~ francs. En

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