410 LA REVUE SOCIALISTE Il est utilr., il est juste que les ouvriers soient intéressés dans les résnltals de l'industrie à laquelle ils ronsacrent leurtrarnil et leur intelligence. Léon XIII, dans sa fameuse Encyclique, a parlé du , juste salai1·e ». Nous ne voulons pas discut<'r, pour le moment, s'il peut y avoir un juste salaire. Le mot salaire' sons-entend salarié et salariant, par conséquent deux intérêts ditfét·ents, antagoniquC's. La pal'licipation aux bénéfices et l'échelle mobiledcs salaires sont r!eux mesures dont le résultat est à peu près idC'ntique. Avec l'échelle des salaires, ceux-ci sont hauts ou bas, suivant que lC'sproJuits se vendent plus ou moins cher. Avec la 11articipation, lP salaire re tant égal, !"appoint, le snpplément du salaire sera élevé, si les bénéfices de lïndustrie le sont, et nul, si ce bénéfice est nul ou de peu dïmporlance. Avec !"échelle mobile, l'ouvrier profite de la prospérifé de lïndn trie à laquelle il est attaché. Sou bon côté, son meilleur avantage, c·est d"éviter les conflits qui ont lieu quand les patrons veulent diminuer les salaires, par suite de la baisse des prix de vente, ce que les ouvriers n'acceptent pas toujours sans protestations, et aussi d"empècher les grèves, quand les ouvriers croient avoir droit ù une augmentation des salaires. Avec la participation aux bénéfices, l'ouvrier reçoit également sa part de la prospérité de l'entreprise à laquelle il travaille, mais il est de plus intéressé à la bonne marche de l'usine ou de l'atelier, à économiser la matière première, à conserver l 'ou li liage, etc. L'échelle mobile peut donc très bien marcher de pair avec la participation: ces deux systèmes ont, à part un caractère identique au point de vue d'une pins juste rémunération ct'utravail, des avantages précieux que l'on aurait tort de n~gliger, de ne pas considérer, dan~ l'intérêt de la paix sociale et de l"évo- • lution du système capitaliste actuel vers une phase plus élevéE', donnant une plus grande place, dans la direction de l'industrie, à l'élément travail. Tout cela est l'évidence même. Ces deux systèmes ont produit chacun des résultats très satisfaisants, nou seulement pour les seuls ouvriers, mais aussi pour les industriels, les capitalistes. Nous connaissons les arguments que !"on fait valoir contre la participation. Le principal, c'est celui-ci : « Les ouvriers participant aux bénéfices devraient également participer aux pertes.» Pas le moins du monde! L'ouvrieradroità un salaire qui lui permette de vivre; c'est là une chose indispensable. C'est pour cela qu'un minimum de salaire s'impose. De plus, le capi-
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