La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

RÉGLE)IEXTATIOX DU TRA YAIL ~11:l'lER EX BELGIQt:E 1(5 « que cette réglementation n'est possible que par un accord international. l> Et .:\J. Sabatier de triompher en déclarant que cet accord, -0n ne l'obtiendra pas, « Lo résultat de la Conffreoce de Berlin en est une preuve évidente >>. Que nous importent les résultats plus ou moins négatifs de la fameuse Conférence de Berlin? 11 s·y est dit pas mal de bètises et de contre-vérités - surtout par des délégués belges - et les décisions qui y ont été prises ne sont dn reste pas étPrnellrs. ::'\éaninoins, .:\1. Sabatier s·occnpe longuement de !"entente internationale. Il rappelle à ce sujet !"opinion émise par ~1 de Mun à la Chambre française, en l88ü, par la société industrielle de Fourmies, par l'empereur d' . \.llcmagne et par M. Janson luimème. La Conférence de Berlin s·est occupée de la réglementation <lu travail dar.s les mines. Le baron Grcindl, ministrfl belge à Berlin cl délégué ,t la Conférence, a comLattu la r{:glemcntation. en disant« qne le principe de la liberté et de la responsabilité individuelles des adultes domine toute la législation belge et que, par sui le, c·est à l'ouvrier de prévoir, dans son contrat, tes dilliculles speciales du travail. » Le catholique baron Greindl pense donc que l'ouvrier est libre de contracter ou non avec son patron. Il ignore que la faim oblige l'ouvrier qui se trouve sans travail et sans ressources,à accepter souve11t des conditions désastreuses et injustes. Léon XIII l'a reconnu lui-mème lorsque, dans son Encyclique, il déclare que peu ù peu « les travaillenrs isoli•s et sans défense se sont vus avec le temps livrés à la merci de maitres inhumains et à la cupidité d"une concurrence effrénée. » A cette mème Conférence de Berlin, l\1. Harzé s'est déclaré opposé à la réglementation internationale, se basant sur le peu de capacité de nos couches de charbon. Finalement, cette Conférence a Yoté la résolution que voici: "Il est désirable que, dans les cas où l"art des mines ne suffirait pas pour éloigner tous les dangers d'insalubrité provenant des conditions naturelles ou accidclllelles de !"exploitation de certaines mines ou de certains chan1iers de mines, la durée du travail soit restreinte. Le soin est laissé à chaque pays d'assurer ce résultat par voie législatiYe on administrative, ou par accord entre les exploitants et les ouvriers, ou nutrement, selon les principes et les pratiques de chaque nation. » Cette résolution est bien anodine et elle devait l'ètn•, étant donné la composition de cette Conférence.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==