3!)6 LA REVUE SOCIALISTE alors aimaient et ornaient la terre en dépit de l'ascétisme de leurs doctrines. ,, Nous ne croyons plus au ciel ni à l'enfer, mais à la continuité de la vie. Nous avons la religion de l'Humanité, facile à pratiquer, maintenant que l'homme a atteint une élévation morale, un perfectionnement physique si grands. « Notre bonheur est dans le travail. Un moment, nous avons craint de voir se réaliser les prophéties des anciens réactionnaires, et que notre vie ne devint triste et morne par le manque d'émulation, mais ce nuage a passé sur nous sans éclater. L'art a été le remède. Non pas l'art tel qu'on l'entendait exactement autrefois, ~uoique celui-là revive aussi et sous des formes bien plus belles encore, mais le plaisir du travail, la joie du travail qui jaillit spontanément chez nous comme d"un instinct, le besoin de faire ce que l'on fait le plus beau et le meilleur possible. C'est par là que nous sommes heureux; puisse ce bonheur durer des âges. » Ce bonheur qui nous paraît s'ètre fondé un peu vite, l'auteur le fait voir en détail dans la suite du livre. Au commencement, il avait montré le Londres nouveaux à son héros, il va maintenant lui faire parcourir la campagne où l'étranger a l'occasion d'observer les nouvelles mœurs. Nous glissons rapidement sur cette dernière partie de l'ouvrage, malgré ses beautés littéraires; ces mœurs n'ont plus rien d'imprévu ni <l'étonnant après ce que nous savons déjà. et ce long voyage sur la Tamise, au milieu d'un paysage trop anglais, trop localisé, ne pouvant guère intéresser que des Anglais, et surtout des membres de quelque rcrwing-club. Nous y retrouvons le développement des mèmes pensées par des exemples, ou des explications détaillées. On revient fréquemment sur le plaisir que les hommes trouvent au travail. Autrefois les travaux intellectuels seuls étaient estimés; il semblait que l'on eût pour but d'éviter le travail manuel, parce qu'on s'imaginait que l'homme était un être à part ; que, ne faisant pas partie de la nature, il avait le droit <lechercher à l'assujettir. L'auteur insiste sur l'amour de la nature. Il le personnifie dans Ellen, son héroïne, beauté gracieuse mais légèrement hàlée à force de vivre au grand air, et qui demeure dans un cottage au milieu d'un jardin de roses. A un plus haut degré que tous les autres personnages, elle a l'amour de la terre et de la vie, dans toutes ses manifestations. Elle jouit de tout ce qui l'entoure, sans éprouver le besoin de voir au-delà, veut avoir vécu les endroits et les choses pour en garder de longs souvenirs, contrairement à l'esprit inquiet du passé qui portait toujours à voyager et à changer de place .....
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