mm NOUVELLE UTOPIE 395 nettement leur programme: toute l'industrie du pays, toute le travail devaient être remis â leur direction, les possesseurs actuels seraient pensionnés. Les classes élevées virent là avec raison une déclaration de guerre ; on blâma le gouvernement de n'avoir pas résisté plus tôt~ on accusa de tout le mal les libéraux et les radicaux comme on appelait alors la partie de la classe dirigeante qui montrait des tendances démocratiques, on se prépara à donner (( une leçon » au peuple. La leçon fut, bien entendu, sanglante. Il y eut d'abord plusieurs collisions entre le peuple et les troupes,- et le vieillard nous fait ici le récit d'un effroyable massacre à Trafalgar Square. Ce massacre fut le commencement de la révolution et de la guerre civile. Le 'gouvernement avait pour lui la loi, l'armée, la (< Société». Le peuple avait nommé un (( Comité de Salut Public» qui devint de plus en plus apte à bien diriger la guerre. Le gouvernement, maintenant complètement réactionnaire, fit arrêter les membres du Comité. Le peuple répondit 'par la Grève gé11ér,1/e. Tout fut arrêté: chemins de fer, télégraphes, approvisionnements, etc. La classe dirigeante fut obligée de mettre la main au travail. Le gouvernement dut relàcher les membres du Comité du Salut Public qui fut reconnu comme Pouvoir constitué. La guerre civile en prit un caractère plus décisif. Toute idée de paix était devenue impossible. C'était la lutte à outrance. Il fallait, ou conquérir le Communisme, ou retomber dans un esclavage absolu. L'apathie, la bassesse. la lâcheté du siècle précédent avaient maintenant fait place à l'héroïsme des époques révolutionnaires. Ce fut une guerre horriblement destructive. Des deux côtés, on ravageait avec· une fureur égale. Les réactionnaires, par colère et par désespoir, les (( rebelles » pour anéantir tout ce qui leur rappelait leur ancien esclavage. Il se sentaient assez forts pour rebâtir le monde. C'est ainsi que, classe élevée et peuple à eux deux détrui- ~irent le Co11111zercialisme. (< Et le monde eut sa renaissance qui ne pouvait avoir lieu sans catastrophe. « L'esprit qui règne maintenant, c'est l'amour de la terre, l'amour de la vie et la joie de vivre. Ce n'est plus la critique incessante des Grecs, leur recherche sans fin de l'âme et de la pensée humaine pour eux, non le moyen, mais le but. C'est encore moins la prétendue science du XIX• siècle, étroite et lâche et qui n'avait aucun but social. Notre manière d'envisager la vie se rapproche de celle du Moyen-Age pour qui le ciel et les choses de l'autre monde étaient si réels qu'ils faisaient partie de ce monde-ci et que les hommes
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