392 LA RE\"UE SOCIALISTE crime de violence est commis,nous n'avons pas non plus de châtiment. Le châtiment engendre la colère et le désir de la vengeance. Le : « AIIJz et ne péchez plus» de Jésus,nous le disons après l'aveu de la faute. D'ailleurs nous sommes tous des gens sains et bien portants, et le crime est une maladie rare parmi nous. Les rivalités entre nations ont disparu aussi avec le patriotisme cet ensemble de préjugés bêtes et haineux, sans que la variété y perde, chacune se développant librement selon son génie maintenant que des races différentes et hétérogènes ne sont plus attachées ensemble par des liens artificiels. De politique proprement dite, comment pourrions-nous en faire encore, puisque toute- la politique se résumait à faire vivre luxueusement quelques ambitieux aux dépens du public. Aujourd'hui, dans les affaires privées, chacun fait comme il l'entend. Dans les affaires publiques c'est la majorité qui décide. On discute les choses à la réunion de la Commune, qui est notre unité administrative, et si les avis s'équilibrent, on reste provisoirement dans le stalzi quo. Je vous accorde que c'est de la démocratie pure, à quoi l'on ne croyait plus autrefois, mais nous n'avons pas trouvé mieux, et nous nous en trouvons même très-bien. La volonté individuelle doit céder devant l'intérêt général. - Comment les gens s'intéressent-ils au travail, s'ils n'en sont pas récompensés? - Récompensés ? La récompense du travail n'est-elle par la vie, n'est-ce pas suffisant? - Mais n'y a-t-il pas de récompense pour le meilleur travail? - Si, la récompense de créer. Il ne faut pas s'imaginer que le travail soit antipathique aux hommes. Fourier, dont tout le monde se moquait, avait bien compris que loin d'être une souffrance, le travail est une joie pourvu qu'il n'y ait pas de contrainte et que chacun soit libre de faire ce qu'il fait le mieux. Le honheur sans heureux travail quotidien est impossible, aussi n'avons-nous qu'une crainte, celle de manquer un jour de travail. Autrefois on était arrivé à une extrême facilité de production, et ce qu'on appelait le << Marché du monde » s'acccroissait sans cesse pour absorber toutes sortes de produits inutiles répondant à de~ besoins factices. A cette production effrénée la vie de l'ouvrier était sacrifiée, et les patrons mêmes se résignaient à vivre dans une atmosphère malsaine pour satisfaire à cette folie de la production à bon marché. - Mais les machines épargnaient du travail ? - Les machines? Oui, elles épargnaient d'un côté ce qu'elles faisaient dépenser de l'autre au centuple en choses inutiles. Au contraire,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==