La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

:rno LA REVUE SOClALlSTE certaines choses, demânde l'étranger, les mathématiques, par exemple?" - Vous a-•t-on forcé à apprendre les mathématiques quand vous. étiez enfant? - Oui, un peu. - Et combien en savez-vous aujourd'hui? - Pas un mot, je l'avoue - dit l'hôte qui passe vivement à une autre question. A propos de famille, dit-il, je croyais que vous auriez vécu davantage en commun? - Des phalanstères? Autre idée due à la pauvreté. Mais si nous. avons des maisons séparées elles sont presque toujours ouvertes à ceux. qui veulent venir y recevoir l'hospitalité à la seule condition de se conformer aux habitudes. Les grandes villes? Nous n'en avons plus comme on l'entendait autrefois. Plus d'agglomération de maisons tristes. Nous célébrons une fête commémorative de la ~isp:zrition de la Misère, sur l'emplacement des quartiers pauvres, des anciens s/11111s de Londres. Les anciens centres manufacturiers ont disparu quand l'usage des machines a cessé. La Cité est encore la partie la plu.s peuplée de Londres, les autres quartiers s'étendent dans la campagne. Il en est de même des faubourgs des petites villes; celles-ci sont nombreuses, jolies et pittoresques. Oxford, même telle qu'elle était au XIX• siècle, peut en donner une idée. - Est-ce eqcore une ville savante? - Savante? oui parce CJU'elleest revenue à ses anciennes traditions, c'est dire comb:en elle est loin de l'enseignement mercantile du XIX• siècle. Mais vous savez peut-être pas qu'on y formait alors une classe d'ennuyeux parasites qui étaient la peste de la société. Quant aux villages vous savez que vers la fin du XIX• siècle ils avaient presque entièrement disparu, les maisons y tombaient en ruines, le travail y était rare, et les produits de la terre ne venaient jamais au laboureur. Mai~dès le commencement de l'ère nouvelle, on se précipita vers les villages qui devinrent plus peuplés qu'ils n'avaient été depuis le XIV• siècle. La ville envahit la campagne et les citadins se firent villageois de sorte que les diff~rences entre la population des villes et celle des villages s'éteignirent peu à peu. Dans ces tentatives de vie nouvelle il y eut d'abord bien des essais. malheureux, bien des erreurs ; ce n'est que plus tard qu'on en vint à la vie heureuse dont nous jouissons à présent. Ainsi, l'Angleterre était autrefois couverte de forêts et de terres incultes avec quelques villes servant de forteresses aux seigneurs. féodaux, de marchés • pour le peuple et d'endroits de réunion pour les artisans; elle est devenue ensuite un pays rempli de fabriques.

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