UXE XOUVELLE UTOPIE 380 l'expliquer maintenant par l'exposé de ses théoriès et le récit des événements qui ont amené le changement. Le bisaïeul de Dick, centenaire très-vert encore - tous les vieillards sont centenaires, et tous les centenaires sont verts à présent - est chargé de nous donner ces éclaircissements. L'incident de la rencontre de Dick avec Clara, son ex-épouse, amène tout d'abord à parler de la famille. - lis vont sans doute se marier, demande l'étranger? - Oh ! ils l'ont déjà été pendant deux ans, répond le vieillard, mais Clara s'imaginant qu'elle en aimait un autre a laissé là le pauvre Dick qui était inconsolable. Maintenant elle revient à lui. - Ont-ils des enfants? - Oui, deux enfants qui sont pour le moment chez une de mes filles ; Clara y était dernièrement aussi. j'ai fait de mon mieux pour arranger cette affaire. - Oui, je comprends, vous voulez leur épargner un divorce. - Un divorce? ..... Il n'y a aujourd'hui pas plus de divorce que de mariage, puisqu'il n'y a plus de propriété particulière. C'est l'amour qui guide tous les choix de mème que la durée de l'union. La position de la femmi- est en tout égale à celle de l'homme. Elle fait ce qu'elle veut, apprend ce qu'elle veut, mais son rôle principal est de s'occuper de la maison, ce qui est un des plus granJs plaisirs d'une femme intelligente. De toutes les folies du mouvement ·«d'émancipation» du XIX• siècle il n'est rien resté et les femmes ne songent pas à se soustraire aux devoirs de leur sexe. Mais tous l~s fardeaux artificiels que la société créait autrefois à la maternité sont supprimés. La mère n'ayant plus d'anxiété pour l'avenir de ses enfants a un sentiment bien plus élevé de la maternité que la femme d'autrefois. Nous ne nous flattons pas d'avoir supprimé les douleurs tenant à la nature. Mais nous nous efforçons de ne pas nous ,abandonner à nos -chagrins d'amour pas plus qu'à nos peines d'aucune sorte comme si notre personne était le centre du monde. D'ailleurs la jeunesse et la beauté durent beaucoup plus qu'au temps où les hommes vivaient accablés de tant de misères qu'ils s'étaient créées. Sur l'éducation des enfants le vieillard développe ce que l'on sait déjà. L'éducation ne peut plus ètre la même qu'au temps où la fameuse << lutte pour l'existence» forçait les gens à accumuler toutes sortes de connaissances inexactes, nuisibles aussi au développement physique et mental des enfants. Au XIX• siècle, la pauvreté obligeait à les torturer pour leur faire avaler ces connaissances le plus vite possible. Aujourd'hui chacun s'instruit des choses où le pousse son inclination, et a le temps de le faire. - Mais les enfants ne doivent-ils pas être forcés à apprendre
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