388 LA RE\'l:E SOCIALISTE batelier Je la première heure,mais cette fois en voiture,unejolie voiturelégère ne ressemblant en rien aux lourdes machines de nos jours. II remarque des bâtiments d"une architecture splendide dépassant tout ce que les styles gothique, arabe et byzantin réunis ont de plus beau ; un théâtre, un m:irché, où on ne vend rien, bien entendu, mais où tout se donne ; des bois où jouent des groupes d'enfants. Dick explique à l'hôte que les enfants vivent beaucoup l'été dans les bois, sous la tente, apprenant à connaitre les arbres, les animaux, les plantes. L'étranger demande s'il n'y a pas d'écoles pour les enfants, mais Dick ne comprend absolument pas ce que c'est qu'une « école », ni que « l'éducatior. ». Les enfants apprennent d'eux-mèmes beaucoup de clDses, à nager, à conduire un cheval, à faucher, à travailler la terre, et divers métiers industriels. Ce sont eux qui vendent dans les magasins et les marchés, tous les objets qui ne sont pas trop lourds. Ils connaissent ainsi les marchandises, leur provenance, leur fabrication, et s'instruisent en s'amusant. Quant aux livres, s'ils y ont goût, ils s'y mettent d'eux-mêmes, mais on ne les y encourage pas. Les langues vivantes, ils Je, apprennent avec les enfants étrangers; l'histoire ne s'apprend plus guère que par des spécialistes, cc n'est qu'aux temps de confusion politique qu'elle pouvait intéresser. Aujourd'hui on étudie la manière dont les choses sont produites, les raisons des causes et des effets. Tout le monde prend plaisir à travailler. Autrefois bien des gens étaient atteints d'une maladie héréditaire appel~e paresse parce qu'ils descendaient de ces anciens possesseurs d'esclave, de ces patrons qui faisaient travailler les autres pour eux. Aujourd'hui, cette maladie a à peu près disparu. Mais on a eu beaucoup de peine à la détruire ..... Sans doute, c'était quelque reste de la lèpre du Moyen-Age, car les personnes atteintes de cette paresse vivaient isolées des autres et gardées par des gens drôlement habillés qu'on appelait des laquais. L'étranger continue à constater les changements du pays. Il n'y a plus de c!1emins de fer, plus de bateaux à vapeur, nous l'avons dit; une force nouvelle a remplacé le vapeur. Plus d'usines non plus, mais des ateliers où l'on travaille à la main, et où l'on se réunit quand cela est nécessaire ou quand cela plait, car Je plaisir fort est recherché en tout. On veut jouir de la vie sous toutes les formes. On a des aliments exquis, des vètements où la richesse le dispute à l'art; partout règnent la beauté et l'harmonie. Le plaisir est donc la règle mais il est toujours dans Je bien, et si tout Je monde est heureux, c'est surtout parce que tout le monde est bon. L'exquise bienveiJJance est universelle; chacun cherche à obliger les autres. On aime son neigbbour - c'est le nom qu'on se donne - s011 procbain, son voisin. C'est bien là en effet une société nouveJle. Cette Société dont l'auteur vient de donner un aperçu,. il va nous.
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