t;;-E ;-0UYELLE UT0P!C 387 C'est un Londres sans brouillards et sans fumée qu'on nous montre, un Londres enfin où luit le soleil ! Le héros du livre s'était endormi en hiver dans sa maison de Hammersmith après une soirée passée au Club à discuter ce que serait la Société au lendemain de la Révolution. JI fait un rêve, ou plutôt a une vision. C'est l'été maintenant, une radieuse matin~e d"été et le paysage est tout transformé. A cette atmosphère pure et transparente, à ces eaux claires et limpides, on ne rec0nnait plus Londres ni la Tami;e. Le fleuve est bordé de constructions ravissantes et de jardins délicieux. Le pont est une merveille dont n'approche ni le <?011te Veccbio de Florence ni aucune des plus belles enluminures d'anciens manuscrits. Un jeune homme s'offre à conduire l'étranger dans sa barque. Le ton, les manières de ce batelier, son costume rappelant le X!V0 siècle sont aussi surprenants que le reste. JI apprend à son passager ahuri que le pont a été achevé en 2003, et que la Tamise regorge de saumons. Mais c'est à son tour d'être surpris quand l'étranger veut le payer; il ne comprend pas du tout ce que cela veut dire, croit qu'on lui offre un « souvenir » mais remercie en disant qu'il lui est impossible d'accepter des « souvenirs » de toutes les personnes qu'il a le plaisir de promener sur l'eau. et regarde d'ailleurs les pièces de monnaie avec un peu de dédain. - Elles ne sont que du règne de Victoria et aucun musée n'en voudrait quand il y en a de si belles du temps d'Edouard lll, par exemple. Le jeune homme ayant vu que son voyageur est complètement étranger au pays, veut lui servir de cicerone. ll le conduit à la Maison des Hotes. - Dans un vaste Hall pavé de mosaïques et décoré de peintures à fresques, se tiennent des groupes de personnes dont la physionomie heureuse autant que la beauté frappent l'étranger. Toutes les femmes sont jolies ou au moins agréables à voir, vètues de gracieux .costumes tenant le milieu entre le costum.: antique et celui du XIV• siècle. Elles s'empressent autour des nouveaux venus et leur servent un -déjeuner délicieux, des fruits superbes, des vins exquis. Tout le monde parait jeune; une jolie fille à laquelle l'étranger donne vingt ans, lui avoue en avoir quarante-deux, et quand il dit lui-même qu'il a cinquante ans, on se met à rire car on le croyait presque centenaire tant il a l'air vieux et brisé. Un jeune homme cependant parait moins )1eureux et moins robuste que les autres ; c'est qu'il a cette infirmité, rare heureusement, d'aimer les livres, de se farcir la tète de lectures ennuyeuses, de mathématiques et autres vieilleries, au lieu d"aller travailler au grand air. Ayant ainsi fait connaissance avec des gens tous plus aimables et plus beaux les uns que les autres, l'étranger, l'hôte comme on l'appelle à présent, à défaut d'autre nom, est conduit plus loin par Dick, son
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