3SG LA REVUE SOCIALISTE révolutions et de guerres civiles. Cette période avait été précédée de tentatives partielles de socialisme d'Etat, fatalement infructueuses ; le socialisme d'Etat voulant appliquer à l'amélioration des classes populaires un système établi contre elles. Il fallut donc que le Quatrième Etat recourût à la Révolution pour que « le monde eût sa renaissance qui ne pouvait avoir lieu sans catastrophe. » Une courte période de transition suivit celle des cataclysmes et de la dévastation. C'est alors que l'esprit nouveau se forma, par le travail auquel on fut forcé d'abord. par le sentiment de l'art ensuite, jaillissant d'un instinct supérieur. Cet esprit, nous dit-on dans une di-s plus belles pages du livre, a beaucoup de rapport avec celui du Moyen-Age, avec cette différence que le ciel est maintenant placé sur la terre et que l'humanité est devenue le but. Nous retrouvons fréquemment en effet dans l'ouvrage l'apothéose du Moyen-Age. Si pour beaucoup de gens il n'est que Barbarie et ténèbres et comme un temps d'arrèt dans la marche de l'évolution, l'auteur le voit au contraire tout en lumiüe. C'est le XIX• siècle qu'il veut retrancher de la chaîne du progrès. Il n'a pas assez d'anathèmes à lui jeter. Cette rèverie du poète anglais n'est pas seulement admirable de beauté littéraire. Au charme poétique, elle joint l'élévation de la pensée; autant qu'en exquises descriptions, elle abonde en idées généreuses. à côté de nombreux traits de critique impitoyable et d'incisif humour anglais. Mais il ne faut pas oublier que c'est une rêverie de poete, c'est-à-dire, ne pas y chercher un système trop solidement bâti ni des détails pratiques trop précis. Partout où l'on serait embarrassé pour expliquer les choses au point de vue économique, on élude la question, ou bien,on part de cette supposition que des forces nouvelles ont été découvertes et que des machines << immensément perfectionnées» ont été introduites. L'auteur nous fait parcourir d'abord le Londres nouveau. Un Londres devenu un immense parc où sont disséminées au milieu des arbres et des fleurs des constructions diverses, isolées ou en groupes: maisons particulières, maisous des Hôtes, courtes rues à arcades et à boutiques rappelant le style du Moyen-Age, etc.; monuments d'une architecture splendide dont notre époque ne peut concevoir la beauté. Tous les anciens entassements de constructions ont disparu.Oxford Street, Trafalgar Square ont des jardins et des vergers. Seuls quelques restes du passé sont encore debout: Le 73ritisb Museum, Westminster, débarrassé des monuments élevés à la mémoire des valets de cour et des canailles politiques ou autres; la maison du Parlement conservée comme grotesque curiosité d'architecture et servant de dépôt d'engrais. Il n'y a plus ni chemins de fer, ni bateaux à vapeur, ni usines.
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