La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

380 LA REHJE SOCIALISTE Politica Coloniale, par le D• Xapoleone CoLAJANXId,eputato al Parlamento. Carlo Clausen, editore. Palermo. Prix: 3 fr. j()_ Ce livre, œune de l'éminent sociologue italien, et que nous a\'Ons eu la bonne chance de présenter ù nos lecteurs dans le précédent numéro de cette Revue est comme le titre· l'indique une profonrle et fine étude sur les causes qui ont déterminé la fièvre des expansions coloniales et des tristes effets qui en découlent pour les nations qui y sont engagées. A ce sujet notre opinion n'est plus à faire, et nous acceptons intégralement les belles pages de Politica Coloniale dont nous reproduisons la conclusion ci-après: « Il y a dt'jà plus d'un siècle qu'Arthur Yonug écrivait: « Pour aussi riche que soit notre agriculture, elle n'offre que la moitié du dé\'eloppement dont elle est susceptible. Le retard pro,·ient de la politique coloniale, à laquelle à tort on s'est infatué tandis que l'on devrait con.sid, 1rer co,mne ami l"emv,ni qni nous pre,ulrait frs colonies. :\tais on parlait en France <le Tippoo-Sahib comme d"une grave menace pour mon pays. Je pense tout le contraire. S'ils nous chassaient de l'Inde, si les nègres nous chassaient des colonies, ils agiraient comme s'ils comprenaient mieux que nous nos intérêts. Parce que dans ce cas les capitaux de la nation ;'emploiernieut aux ol>jets auxquels depuis longtemps on aurait dû faire des changements. « A un siècle de distance après la guerre franco-allemande. la m~me pensée c~t reproduite par Emile de La\'eleye, qui pour punir l'Allemagne de la conquétc de l'.\lsace-Lorrainc roulait lui faire présent de l'Algérie. L'expérience du longtemps passé entre le moment où écril'ait l'illustr~ penseur anglais pendant lequel l'éminent profc»eur de Liège manifestait la même opinion en fo1·m~rude. a été mise à profit des nomureux groupes d'économistes et de la démocratie européenne qui repoussent la puliti1111e coloniale comme ruineuse et inique. « Les raisons des éconumistes nous sont connues,mais il est bon de résumer celles de la d0mocratie. La démocratie haH et coml>at la politique coloniale,halssable parce que,comme dit Sch::eflle-l'ami intime du prince de lfü,mark - « elle ne ptlrmet pas de prél'enir rationnellement ni à assurer la sortie des émigrants, ni à recouvrer les fonds qu'il eût été nécessaire d'anticiper pour l'émigration, ni à bien prédéterminer et prédisposer la coloni,ation, ni à retenir les forces du trarnil et des capitaux meilleur, et utiles à la mèrcpatrie, ni à tenir éloignée l'introduction des races pertubatrices, ni à changer sur une rnste échelle, le courant de l'émigration ,·ers peu de points, ni à constituer et maintcuir des rapports de commerce naiment rationnels a-·ec les émigrants; ni à protéger les émigrants contre les spoliations et les fourberies, ni à atténuer les crises déterminées par les ètres d~s populations (1). » (1) Scha::ffi~l.ii•se d .. iremeul entendre qu'une politique coloniale honnête et utile ne peut étre une entreprise capitalrste ce qui revient ;\ dm, quo pour étre ellic.ice et bieufa1sante la colonisatiou doit avoir un caractère social.

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