La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

370 LA REVUE SOCIALISTE Aujou1·,J'hui, il en est tout au_trement et l'exemple_donné par les socialistes bel<>estrouve p:trtout des mutateurs, et les soc1ahstes anglais. allemands, f1~in~ais,italiens, roumains. etc., commencent à leur tour à faire de la coopération <!ans un sens socialiste ! li n'y a là qu'une chose bien naturelle, en somme . .\u Mbut, les coupPrateurs pouvaient n'avoir pour but que d'acheter les denrées au meilleur marché possible et de se les céder au plus bas prix. L'idée était bonne et a fait son chemin. Aujou1·d'hui, ce sim/ile but primitivement entrevu. peut sembler trop étroit, trop mesquin et i est permis de s'emparer dr l'idée coopérative en poursuivant un but plus élevé. C'est la loi du progrès 1 Yen est-il pas ainsi de tout ? La sodété humaine n'a-t-elle pas débuté modestement, pour se dé,·elopper ensuite progressivement ? Pourquoi n'en serait-il pas de même ,le la coopération qui, primitivement, pouvait èLre terre-à-terre, n'entrevoir qu'un idéal très limité, restreint, mais qui peu à peu a su agrandir ses vues, augmenter la somme de ses prétentions ? Lr. progl'ls, en coopération, selon nous, d<>itconsister à lui faire jouer un rôle de plus en plus <'Onsidérable. » Etcc rote le Yaillant socialiste belge le définit ainsi: « La coopéi-!ltion ne doit pas se borner à amélio,·er l'état présent, en supprimant quelques intermédiaires inutiles, véritables non valeurs sociales, elle doit aussi ai<Jer à la trans(o,·mation de la société dans le sens socialiste qui, à ce point de ,·ue, fait la guerre à tous les intermédiaires, à tous les parasites quels qu'ils soient. » C'est également ainsi que pense Anscele. " Socialistes et Coopérateurs écrit, dans la mi'me Revue, le directeur du Wooru1t. ont tort de se combattre; ils veuleat tous les deux la même chose et qvand ils le comprendront enfin, la classe ouvl'iè1·e aura fait un 1ias immense vers son émancipation. Les <·oopérate;urs anti-sorialistes s'étonnent que la roopératio11 ne prenne 1ias de l'extension et ils déclarent les ouvriers incapallles dé saisir les avantage, de ce système de travail et d'organisation. 11s n'ont pas tout à fait tort. mais en véritE', la raison principale pour laquelle la coopt'ratiou n'a pas entrainé les masses, c'est qu'elle n'en a jamais personnifié les grandes et légitimes aspirations. Les coo1wrateurs comprendront-ils maintenant pourquoi les masses ne les ont p:1; sui,·is t Le salut de la coopération est dans le socialisme. • Parol<>s,qui dans la bouche d'hommes généreux, sincères et expérimentés comme Anscele et Bertrand, acquièrent une indiscutable autorité cl que devront méditer les timides, les craintifs du coopératisme. LES SCIEXCES SOCIALES ET L'ENSEIGNE~IENT ÜFFICIEL. Qu'en cc qui concerne les études sociales notre enseignement tant supérieur que secondaire est« ridiculement insuffisant i>, voih'i ce qu'après bien d'autres, constate M. Edouard Fustcr dans la Nouvelle Revue du 15janvier : « 11 se peut qu'il n'y ait pas d'économie politi9,ue, qu'elle ne soit au moins qu'un ai·t et non une s:ience : peu impo1-te. En fait, il y a des questions

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