La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

3l8 L.\ REYt;E SOCIALISTE " ;\ t' à Grimberghrn, Yillag-c flamand des en virons de l3ruxelles, Laurent Yerryken perdit sa mère, à peine était-il ùg-é de deux ans. Il fut élevé par sa grand'mère maternelle, à .\nderlerht et à Scheut, comme un jeune campagnard, l"ivant au mi Iicu des paysans. « A douze ans, Yrnikcn s'en alla à Tubize, dans le Brabant wallon où son père était établi bo11rrclirr-harni:.cheur. Il apprit le métier de son père pendant quelques annérs, puis vint à Bruxelles où il se fit ouvrier boulangc1·. « Plus tard, tout au début de la mise en exploitation de la ligne dr chemin de fer de Luxembourg, Ycrrykcn s·engagra • commr chauffeur-machiniste et, prndant plusieurs années, il mena cette vie de trarnil intense, lo11jours ,L son poste, vrai serviteur du dernir? « Yerrykrn venait de se marier quand il entra au chemin de fer. ll eut un fils, notre ami Henri Ycrriken, mais eut la douleur de prrdrc sa femme, jeune encore, comme il a,·ait perdu sa mère. « Après pl11sir11rsannées de cette vie de rude travail, Ycrrykcn quitta le rhemin de fer et rcde,·int boulanger lors de la fondation de la boulangerie coopératirn La Fow·mi. « Cette coopérative tomba au bout de peu d'années et Ycrryken se fit marchand de journaux et libraire. « Quelques années pl!1s tard, il cessa son commerce de liHcs et vendit des machines à coudre à la condition et des articles de Rrllerics. « Dans ce· dernières a11néeR, Yerrykcn était expéditeur des journaux. (< Après tonte celte vie de travail, dont los rares loisirs étaient consacrés à l'étude des questions sociales et à la propagande socialiste, Yerrykcn meurt pauvre. (( Le désintéressement, cette vertu si peu praliquéfl de nos jours par les politiciens, a été le guide de la vie de ,·crryken, qui sans cesse prnsait aux autres, aux malheureux, aux exploités, pour lesquels iI rêvait une société de justice et de solidarité, <'t s'oubliait lui-même. " Le père de Laurent Ytrrykcn était républicain. En 1848, lors de la Révolution du 21 février, Tubize possédait un club républicain. c·cst là. au côté de son père, que Yerryken, tout jeune encore - il avait 13 ans 1 - commença à penser et à agir. • Il était dès lors acquis à l'idée républicaine, que le coup de tonnerre de 1818 fit répandre dans l'Europe entière.

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