La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

3J6 LA REVUE SOCIALISTE « ll dut, à peine adulte, gagner son pain à la sueur de son front, selon la juste Pxprrission familière aux ouvriers, (:'ttoute sa vie, pleine de bons enseigncme11ts et de beaux exemples, est la preuve qu'un modeste, un obscur, peut s"élever et se grandirpar son m<'.•rite t sns vertus. « Depuis environ quarante années, il n'y a pas un mouvement d'émancipation contre les iniquités et les préjugés auquel Laurent Yerryken ne prit part pour la plupart, il fut parmi la petite phalange énergique des initiateurs. " A l'AfT'ranchissement, association d"où sortit l'idée des enterrement,; civils réalisés partent maintenant; au Peuple, foyer ardent des convictions démocratiques républicaines; à r ,-1 ssocialion intenwlionn le, berceau du parti socialiste uni versel ; ù la Lig1te 1·épublicaine, centre d'opposition aux abus monarchiques, dans les unions fondées pour propager !"enseignement rationaliste, partout enfin où il y amit un principe de justice et de liberté ù revendiquer et à faire triompher, il se trouvait a,1 premier rang, se sacrifiant avec une modestie et un désintéressement sans pareil. << !,e parti ouvrier surtout connut la valeur et la générosité de son concours. Dès le début, il était là, avec les plus actifs, ardent comme les jeunes, organisant, parlant, se multipliant, ne mesurant ni ses peines ni ses efforts. « Aux périodes troublées de 1886, quand il n'était pas sans danger de faire entendre des paroles courageuses ei franches, et quïl fallait dire la vérité aux grands et appeler les humbles à. s·unir: Laurent fui de cette pleïade de prédicateurs dont la parole retentit clans les villes et les villages. semant l'espérance et prèchan t la concorde. « Sous son enveloppe un peu rude, avec sa barbe clrne et sa chevelure mi-longue, il avait, du reste, !"air d'un prècheur passionné et convrdncu, dont les phrases hachées entrainaient les auditoires, soulevés par son accent de conviction. « Il mena non seulement une, mais une série de campagnes et chaque fois quïl y avait un conflit, une crise, une grève quelque pari, Laurent, on se le rappelle lors d'Amercœur et de Quenast notamment, était en rouLc. A la tribune, il parlait d"union et de persévérance, et, aux grévistes, il annonçait la promesse, toujours tenue, du concours efficace moral el pécunier du parti ouvrier. « A l'époque où des dis~entissements apaisés et oubliés se produisirent, il fut, comme toujours, disposé aussilôtà l'apaisement et ses conseils facilitèrent la réconciliation. Il sera uni versellemeat regretté par tous les éléments du parti ouvrier, soli-

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