LA QUESTIOX SOCIALE DEYAXT LES CORPS i::u;s ;343 « entre leur qualité et leur valeur; il est d'autant plus lourd que la ,, qualité du vin est inft:rieur~. <, En effet, à la suite d'une enquéte ordonnée par le Conseil muni- " cipal de Paris en 18ï 5, on constata que dans la consommation des ,< vins à Paris, 5 % sont des vins de luxe, 1 1 ~~ des vins de valeur <, moyenne, et le reste soit 84 ~~ des vins de valeur inférieure con- ,, sommés pàr la masse des travailleurs et des ouvriers. << On admet généraleme:it que les vins de grand crù payent à ,, Paris environ 8 à 9 % de leur valeur; les vins de second rang, « 32 % , les vins d'une qualitt: inférieure, 62 %, les vins ordinaires, ., 100 pour 100, et enfin les vins de consommation courante et popu- ,, Jaire payent de 13o à 200 % de leur prix d'acquisition aux vigno- " bles. •> (L'Odroi el le Vinage, par Romuald DejermonJ. De graves accidents de chemins de fer ont ému l'opinion publique. dans le cours de l'année 1891. Une proposition de loi de MM. Mége et Pourquery de Boisserin, relative au travail des agents et à la sécurité des voyageurs a été soumise à la commi5sion du travail qui a chargé M. Mareujouls de rédiger un rapport favorable. D'après le rapporteur, , l::t situation actuelle est intolérable : ,, Du 14 Juillet au 25 Octobre, ,, dit-il, c'est-à-dire en soixante et onze jours, on comptait 47 accidents. ,, qui ont fait 458 viclim,·s dont 6 r tués et 397 blessés. Si l'on ajoute à " ce total effrayant les déraillements et les collisions qui n'ont occa- ,< sionné que des dégàts matériels, mais dont les causes sont constam- ,, ment les mêmes, on trouve pour le mème nombre de jours, le chiffre "de 180 accidents, (dt!ux et demi par jour environ. » Les causes essentielles d'un tel désordre sont, d'après M. Mareujouls, l'inefficacité du contr6le qu'il propose de réorganiser et la longueur exagérée des journées de travail. " Les Compagnies, dit-il, ont « continué à imposer à leurs agents un travail dépassant parfois les ,, limites des forces humaines, et les mécaniciens comme les chauf- ,, feurs font encore souvent des journées de quatorze et dix-huit heures. ,, li en est de mêmt! des conducteurs de trains qui sont soumis, eux « aussi, à un véritable surmenage. » Ces affirmations, d'un député très bourgeois sont bonnes à apposer aux dénégations audacieuses des compagnies. Malgré la décision prise par la Chambre des députés, dans la séance du 3 Juin 1891, tendant à appliquer le décret-loi des 9-14 septembre 1848, aux employés des entreprises de transport en commun, ce qui revient à fixer pour eux, à douze heures le maximum des heures de travail, malgré la circulaire de M. le Ministre des travaux publics, en date du 24 avril 1891, cette prescription essentielle n'est observée nulle part, d'après les doléances qui arrivent tous les jours de tous les réseaux à la Commission du travail. Nous saisissons ici sur le fait, l'impuissance de l'Etat à l'égard des puissantes compagnies qui détiennent les grands monopoles publics.
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