La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

312. LA REVt;E SOCIALISTE ment usuraire de vingt-cinq centimes. Ajoutons que la marchandise vendue à ce prix n'a pas payé de droit d'entrée. puisque les importations depuis le 1er février sont à peu près nulles et que les stocks accumulés en prévision du nouveau tarif, suffiront très largement à la consommation courante jusqu'au mois de juin. M. Jules Domergue, l'auteur de la Révolutio11éco110J11ique, a cité le cas de ce marchand de vins d'Espagne qui offre à 7 francs un vin de deux francs cinquante la bouteille, sous prétexte que les droits ont triplé. Or, le tarif ne porte qu'une augmentation de 8 centimes par bouteille. - Voilà des. exemples qui sont peu favorables au système de la liberté absolue et ,qui justifient l'attribution à l'Etat ou aux communes d'un droit de contrôle et de taxation, dont il ne fait usage qu'exceptionnellement et en ca~ d'abus. Concluons donc que la loi des 19-21 juillet est peut-être à remanier, en vue de corriger ses imperfections ou de prévenir les fantaisies arbitraires de certains maires, mais il faudrait bien se garder de l'abolir; car le jour où la menace de l'intervention administrative des municipalités ne maintiendra plus les boulangers dans le devoir. il se produira très probablement de graves mécomptes. Notre course un peu hàtive à travers plusieurs centaines de pages de documents parlementaires nous a donné l'occasion et le plaisir de lire le rapport de M. Emile Jamais relatif à la réforme avortée de l'impôt des boissons. Il nous est impossible d'entrer dans le détail d'une question aussi spéciale, mais nous devons approuver hautement le prin:ipe de cette réL:irme. qui consiste à dégrever complètement les boissons hygiéniques (vins, cidres, bières) et à surtaxer l'alcool. Il est bien prouvé que la consommation de l'alcool s'accroit à mesure que l~s boissons naturelles deviennent plus difficilement accessibles au consommateur. Le premier acte de la guerre impitoyable qu'un pouvoir démocratique et clairvoyant doit entreprendre contre l'alcoolisme, ce dévorateur de l'homme. de l'intelligence et de la race, doit consister dans l'adoption de ces mesures, qui auront pour effet de créer l'abondance tt le bon marché des vin::,, cidres et bières en même temps que le haut prix et la rar<!té des trois-six. Ce premier progrès en facilitera un autre, la suppression des octrois, qui n'existent plus ni en Belgique, ni en Hollande, ni en Espagne, ni en Allemagne et qui n'ont jamais existé ni en Angleterre,· ni en Danemark. ni en Suisse, ni aux Etat-Unis. Nous sommes les derniers parmi les peuples civilisés à conserver un impôt barbare,dont les iniquités ne se comptent plus.En voici un exemple textuellement emprunté à M. Jamais: (( Dans certaines (< villes le droit d'octroi est particulièrement élevé. A l'octroi de Paris, « l'hectclitre de vin paye 10 fr. 62 cent. ajouté à la taxe de remplace- <( ment de 8 fr. 25 perçue par l'Etat, il donne un total de 1tl fr. 87. (< Cc double impôt pèse uniformément sur tous l~s vins sans distinction

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