SOCTEXE~RS ET SOCTEX~S 29 vez-vous encore le projet fratricide de supprimer les souteneurs? - Allons, maintenant que vous savez, que vous comprenez., n'ayez donc plus de ces répugnances absurdes. Il n'y a pas de sot métier ... Ces jeunes gens sont aussi d'un certain monde, ils ont leur distinction à eux. Ils ne travaillent point, diront les grincheux. Hérésie! ils travaillent à la plus sainte, à la plus sacrée des besognes, car ils travaillent à la sauvegarde de votre capital, de vos revenus, de \"OS dividendes. de vos plaisirs, de votre luxe, de votre goutte et de votre syphilis aristocratiques. Vous voudriez les proscrire ? Ingratitude et aveuglement! Aveuglement surtout, car ce serait votre propre destruction. Je vous l'ai montré un peu longuement peut-être : Dans la société actuelle,il est absolument impossible d'accroître brusquement le nombre des quémandeurs avides de travail. Les ouvriers vivent à peine, et vous voudriez qu'une nouvelle concurrence vint les menacer dans leurs moyens d'existence! - Ne faites pas cette folie : La machine sociale sauterait et avec elle la finance du financier, la rent,e:du I entier, le .:apital du .:apitaliste, la molle sinécure du fonctionnaire ... , ce qui (vous en conviendrez) constituerait la plus affreuse des calamités. Il y a de par le monde un tas de pseudo-moralistes, pseudo-philanthropes, humanitaires émollients d'Académie ou de Sacristie, qui du haut de leur austérité truffée tonnent avec un zèle intempestif contre une foule d'institutions sociales aussi sacrées, aussi fécondes, aussi antiques que le proxénétisme et la prostitution. Ils attaquent le vice, la mendicité, le vagabondage, les récidivistes, et même la guerre, ces bases essentielles de l'ordre social. Arrêtez-les, car ils ne savent ce qu'ils font: Arrêtez-les, car, sans en avoir conscience, ils travaillent à une œuvre révolutionnaire. L'Académie des sciences morales et poliques les médaille de temps à autre ; mais cela ne tire pas à conséquence. Imaginez que les partisans de l'arbitrage et de la paix universelle voient enfin le triomphe de leurs idées. Quelles déplorables conséquences ! Voilà 500.000 hommes jeunes et vigoureux qui vont faire irruption sur le marché du travail. S'ils n'ent trouvent pas, c'est la guerre civile; s'ils en trouvent, ils supplantent un nombre équivalent d'ouvriers: d'où troubles, émeutes, réclamations violentes et amères. Ah! bientôt on dira : Rendez-nous la guerre, la bonne, la bienfaisante guerre qui absorbe le trop-plein des magasins, qui procède à de vastes destructions matérielles, qui stimule vivement les affaires, qui nécessite ces merveilleux emprunts d'Etats dans lesquels les intermédiaires se gorgent d'or, qui amène la hausse des dividendes de la Banque de France : Et aussi cela nettoie la société d'un tas de pauvres diables qu'il faudrait nourrir ou fusiller. D'autres veulent guérir les criminels, récidivistes, vagabonds et mendiants et les moraliser par le travail. - Quand nos 1.800.000
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