La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

28 LA RE\'UE SOCIALISTE tante (< font qu'il repousse un nombre de plus en plus grand des travail- " Jeurs attirés par lui. ;; Nous croyons donc la démonstration complète et satisfaisante pour l'esprit, tant par le nombre des faits contemporains rassemblés pour faire suite aux puissantes documentations de K. Marx, que par l'explication rationnelle (empruntée au mème auteur) et la pénétration du mécanisme de ce phénomène économique si important. Concluons donc, comme l'évidence nous l'impose, que la marche naturelle et nécessaire de la Société capitaliste accroît les périodes de chômages, rejette dans l' Armée i11d11strieldle réserve une masse toujours plus considérable d'ouvriers occupés seulement par intermittences et favorise par là même, c'est-à-dire par la privation des moyens d'existence réguliers et assurés, la chute dans les bas-fonds du vice, du crime, de la prostitution,de la mendicité et du vagabondage d'un nombre toujours plus grand de malheureux. Ces derniers constituent ce que nous avons appelé la Cf{éserve de l'armée industrielle de réserve, car dans certaines périodes de travail abondant et bien payé, quelquesuns d'entre eux reprennent du service actif. Nous comprenons enfin la nature intime et réelle, la raison économique de ces catégories misérables et malfaisantes dont le recrutement toujours plus facile inquiète si gravement les gens qui réfléchissent et qui s'effraient à juste titre des progrès de la démoralisation publique. Nous comprenons aussi que cette dégradation morale et physique est liée,comme la cause à l' effet,à la forme individualiste et propriétaire <le la société actuelle. Tout espoir d'amélioration est interdit. Seule la Révolution sociale pacifique ou violente nous apparait comme le suprême espoir. La vieille organisation aussi contradictoire qu'inique sera brisée; le travail, l'aisance et la joie deviendront le patrimoine de tous dans la grande famille apaisée. C'est alors seulement, sous la tiède haleine de la bienveillance universelle, par la séduction aimée, par l'étincelance d'un Idéal nouveau, que les cœurs pourront être régénérés et effacées les macules d'infamie laissées par !'Ordre bourgeois. Moralistes sincères, âmes religieuse$ et élevées, natures délicates qui saignez du présent, venez à nous. Il n'y a pas à choisir : Corruption croissa11te ou Destruction l Ill. Ce n'est pas à vous que ces paroles s'adressent, mes premiers et chers interlocuteurs, Messieurs les capitalistes, les financiers et autres personnes de haute qualité. Mais je reviens à vous maintenant hommes <lu beau monde et d'élégantes manières, et je vous demande : Conser-

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