La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

SOUTE,ŒURS ET SOUTEXUS 2ï luerons pour le cas présent à la moitié, devant être consommée en salaires. Cinquante ouvriers à cinq francs par jour ont été chassés de l'usine et quelque temps après la co111pe11sation se réalisera pour vingtcinq d'entre eux seulement, les seuls dont le nouveau capital ait besoin pvur fonctionner. Pour les vingt-cinq autres, la co111pe11sailon est nulle, et. dans les conditions ordinaires d'activité moyenne de l'industrie, la perte de tout travail régulier reste pour eux définitive. Dès lors, ils sont immatricul~s dans l':Armée i11dustriellede réserve et resteront à peu près inoccupés jusqu'à la prochaine et trop courte période de suractivité de la production. Mais il y a une constatation encore plus triste; c'est que le rapport entre la partie constante et la partie variable du capital ne reste pas le même. A mesure que la civilisation progresse et que les méthodes industrielles se perfectionnent, on voit se produire une diminution relative de cette partie du capital qui s'échange contre la force ouvrière et une augmentation de l'autre partie, celle qui s'échange contre des machines, des constructions, des matières premières. II en résulte que pour tout capital mis en liberté par l'emploi de nouveaux engins, il s'établira une différence sans cesse plus grande entre le nombre des ouvriers congédiés et le nombre des ouvriers réemployés. Cette augmentation de la partie constante, cette accumulation énorme de moyens matériels techniques a été établie victorieusement par Marx ( 1): Elle résulte aussi des chiffres cités par M. Daniel Bellet dans le travail que nous avons déjà mentionné. Elle résulte également de toutes les. statistiques qui prouvent que dans les pays à production capitaliste, l'accroissement du capital national, s'effectue avec une très-grande rapidité. Ainsi, la richesse publique (dans laquelle la partie constante du capital, résultat de l'accumulation, entre pour une très large part) apassépourl'Angleterrede45milliards en 1800 à 235 milliards en 1886 (2). Pour la France, si on se fonde, comme le conseille M. de Foville, sur l'augmentation de l'annuité successorale (total des successions et donations entre vifs taxées dans l'année) qui depuis 1876 peut être prise comme base d'un calcul parce que depuis cette époque ni le mode de taxation ni le mode d'évaluation n'a varié, on constate qu'en dix ans, de 1876 à 1886, cette annuité a augmenté de 617 millions, ce qui multiplié par 3 5, selon la règle généralement adoptée par les économistes, donne une augmentation totale du capital national de 21 milliards 595 millions pour ladite période de dix ans. Les métamorphoses techniques du capital et les changements correspondants qui s'opèrent dans sa composition par l'augmentation de la partie cons- (t) Marx: Le Capit,I. Chapitre XXV, paragraphe JI, page 2i:l. (2) Ces chiffres et les suivants sont empruntés à M. de Foville, La France ico,wmique, 1889.

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