La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

301 LA REYUE SOCIALISTE Cc qni le démontre de la manière la plus évidente c·est leur attitude dans !'agi talion boulangiste. On n'ignore pas, par exemple, que les ouvriers n·avaient aucun motif d'être particulii•rement satisfaits, du gouvernement français et du parlement, attendu que, de ce coté-hl, on a négligé, jusqu·au dernier point, la législation protectrice de l'ouvrier, sur laquelle on attend en France depuis si longtemps. Profitant du mécontentement des ouvriers, le mouvement boulangiste s'est affublé, surtout à Paris, d"un joli petit manteau démocrate socialiste, qui devait servir d"appeau pour les ouvriers. On sait que cette agitation n'est pas restée sans succès. Le parti ouvricr dominant parmi les corporations de la Bourse du travail, parti connu aussi sous le nom depossibilistes, a pris immédiatement et carrément position contre le mouvement boulangiste et a même fait alliance, dans une certaine mesure, avec les progressistes. Le conseil municipal ayant organisé, sur la tombe du républicain Baudin tombé sous les balles du coup d'état du 2 décembre 1851, uoe démonstration manifestement dirigée contre les boulangistes, le comité exécutif de la Bourse du travail a décidé ce qui suit: « Considérant que les travailleurs ne peuvent espérer leur émancipation que d'un gouvernement avant tout républicain ; « considérant le caractère essentiellement républicain de la manifestation projetée du 2 décembre prochain, « la commission exécutive de la Bourse du travail approuve la proposition votée par le conseil municipal deParis, décide d'assister à cette manifestation et invite les chambres syndicales et groupes corporatifs à s'y faire représenter. • Les élections du 22 septembre 1889 se sont aussi faites sous l'empire des mêmes dispositions. Dans une conversation quenous avons eue avec des fonctionnaires de la Bourse du travail peu avant ces élections, nous avons pu nous en convaincre nousmêmcs. Un long article paru dans le Bulletin de la bow·se du 15 septembre donne un essor très vif à ces s':lntiments. Dans le numéro suivant, qui porte la date du jour des élections, le rédacteur s'excuse bien d'avoir accepté un article politique ; il fait ressortir qu'on doit laisser chaque ouvrier, chaque groupe libre de défendre les opinions qui lui sont chères et que la Bourse du travail ne peut pas engager l'ensemble. Toutefois, il ajoute:

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