La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

29G LA REVUE SOCIALISTE L'ouvrier mineur, on le sait, travaille à la tâche. Plus il produit, pins aussi il reçoit en salaire. Quand les salaires sont bas, le mallHJureux mineur, pour arriver à faire une quinzaine relativement élevée, travaille fort, s'exténue, se tue à la tâche. Mais an:ssitùt que les salaires augmentent, la production diminue, l'uu vrier le prend plus à son aise et travaille moins fort, n'étant pas poussé à produire outre mesure pour arriver au salaire minimum qu'il croit indispensable pour subvenir aux besoins de sa famille. Le résultat de ce compromis de Charleroi nous semble donc favorable à la proposition de loi de :.I. Janson et il doit en ètre ainsi pour tout esprit impartial. :'II. Sabatier lui-même est obligé de le reconnaitre, d'ailleurs. Les argnmpnts en faveur de la rMuction de !ajournée de travail abondent et nous en trouvons, en grand nombre, dans le rapport de la Section centrale. Nous allons les résumer, sans phrases, dans les trois propositions suivantes : l• D'abord, il est co11staté que, dans plusieurs charbonnages, on est parvenu à Jiminuer d'une demi-heure le temps de la descente et <le la remonte des ouvriers; 2° On a constaté aus i que l'cffèt utile de l'ouvrier à veine n'a pas Jiminué pendant les six premiers mois de la mise en pratique <le la journée <ledix heures : :~•Enfin,il est reco111u1que le transportdu charbon laisse beaucoup à désirer et que s'il était mieux org-anisé, la production par ouvrier du fonc.lpourrait être augmentée. S'il rn est ainsi - et la Section centrale le reconnait sans la moindre objection - on se demande pourquoi,à l'unanimité, elle a rejrté la proposition Janson? C'est de l'abenation ! Comment, vous reconnaissez qu'une réforme est utile, nkessaire, et par dessus le marché possible, sans nuirP. en rien à l'industrie, et vous n'en voulez pas I Cela n'est pas sérieux. M. Sabatier dit, en effet, en propres termes: Il ne faut donc pas revenir sur la réforme essayée en 1890; il faut ou contrai1•e la ginéraliser. " !\fais alors, il ne vous reste pins qu'à voter la proposition de loi qui vonsest soumise, et vous la rejetf'z - à l'unanimité! Il est vrai qn'uussit.ot !II. Sabatier ajoute: cc ·ous pouvons compter avec confiance sur la liberté pour la solution du problème posé; elle a fait ses preuves. » Puis, plus loin: cc En ré,umé, nous pensons que dans beaucoup de mines de notre pays il est possible, en amélioraut les divers services, de

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