RJ'.:GLE~IEXTATlO:-. DU TR.\VAIL )11:-.IER EX BELGIQUE 297 réduire la durée du séjour des ouvriers dans la mine sans nuire à l'effet utile. « ... L'administration des mines agit pas voie de conseil. c'est de l'essencE>mème de sa surveillance. « Il est possible que ses pouvoirs ne soient par suffisants pour rendre son intervention réellement efficace. « ... Il appartient au gouvernement d'apprécier si le régiement du 2 avril 1881 ne doit par recc>voirun complément dans ce sens. » Comprenne qui pourra pareille façon de rab;onner 1 La liberté a fait ses preuves, dit-on. c·est absolument inexact, puisque pour la question qui nous occupe, elle n'a rien fait. Par liberté, .M. Sabatier et la Section centrale n'entendent en réalité quE>la liberté laissée aux exploitants d'agir comme bon leur semble, de faire travailler pendant douze heures, alors que la production n'est, pas plus forte que si l"ouuier n'en travaillait que neuf ou dix. C'est contre cette liberté qui permet de perpétuer le plus odieux esclavage, que les ouYriers protestent, et avec raison. Déjà à la Commission du travail de ~886, ;\L Briart, ingénieur aux charbonnages de ;\lariemont et de Bascoup, déclarait: « ùepuis que nous sommes plus /01·ts coinme transport que comme abattage, le {J•avail de dix heures est la règle elle:: nous. » Et '.\l. ;\lorrisseaux concluait en disant à ce sujet que« la durée dn travail dépend, dans la plupart des cas. de l'organisation même de !"établissement, c·est-à-dire de l'intelligence pratique et des efforts de lïndustriel. ~ Or, cette intelligence pratique et ces efforts resteut lettre morte, au grand détriment de la santé et de la vie des travailleurs, parce que depuis toujours on se contente de faire l'apolologie de la liberté ... de l'exploitation à outrance de la force de travail de l'ouvrier. Si la loi intervenait et fixait la durée de la journée de travail, les industriels amélioreraient l'organisation du travail; ils feraient preuve d'initiative et d'efforts. SïJ,, ne le font point aujourd'hui, c'est parce que cela n'est pas indispensable. En ne réglementant pas le travail, les législateurs favorisent la paresse, l'esprit de routine et le manque d'initiative des industriels, et c'est la classe ouvrière qui supporte les tristes conséquences de cette situation déplorable. Le résultat pratique du compromis de Charleroi, c'est la condamnation de la liberté telle que l"entendent ces messieurs de la Section Centrale.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==