216 LA REYU E SOCIALISTE « lion plus digne de pitié que celle de ces ouvriers bûcherons. • )lais il dé..:Iare ne rien pouvoir faire. :\1. Girau!L réplique en demandant la fixa lion d'un minimum de salaire. mesure socialisle, au premier chef. M. Lacombe a parlé ensuite et a indiqué les cause<: exactds <l'une Lelle dépréciation de la main d'œuvre. Dam, le Cher, il existe une très grande surabondance de bras. Les exploilanls sont assaillis do demandes: li s'établit olors une Rorte d'mchèl'e llescendmite. Et pou r,1uoi celle surabondance de bras î A cause de la cessation de quelques exploilalions locales et ù cause surtout de lïntrolluclion lies machines à batt1·e qui ont supprime le batta{Je:en g1·ange qui occupait la population des snlol'iés agricoles pendant les trois ou quatre mois d'hiver. La contre-partie de cet abaissement des salaires et de celle extrènw misère, nous la connaissons d'avaw:e, c'est l'enrichissement 1·apide de cerlains marchands Lie bois qui ont réalisé de grandes fortunes il rause du bas p1·ixde la main-d'œuvre. Voilà une petite idylle champêtre qui nous prouve bien que la question sociale existe aussi à la campagne. Hem:irquons en Lerrriinant que ces fails conslituent une démonstration el uneconfirmalion de certaines doctrines socialistes. En effet, comme l'a établi Marx plus précis el bien plus scienlifique que Lassalle, le-prix dP.la main d'œuvre varie dans chaque branche de travail et se Lrou\'e fixé par la loi de l'offre et de la demande, de sorte qu'il peut descendre (comme c'est le cas ici) bien au-dessous du strict nécessaire à l'entretien de l'existence du travailleur et à sa reproduction. En second lieu, l'emploi des moyens mécaniques, en cJiassanl un nombre d'homnws toujours plus grand du chantier et de l'usirni, crée une armée indust;•ielle de ,·esene, qui se retourne contre les travailleurs occupés, leur fait la concurrence du bon marché et abaisse à un taux infime la rélribulion de chacun d'eux. Quoique ne se rattachant pas direclrment à la question écono111iquela proposition de ~1. Paul Lafargue sur la séparation des Eglises el de !'Etal n'en a pas moins un caractère social prononcé. La void dans son Lexie: Le Parti ouvrirr ne se fait JlllS d'illusion sur la portée de la séparation des Eglises et de l'Etat. li sait que l'émanriJ.>ation intellectuelle ne peut pns pri<céllcr, mais seulement ~uivre l'émanripation ec-onomique, et que ce n'est que dans unr sor1été de,•<•nue une vériwùle providenc-e r.o,ur ,·hacun des membres qui la composent, que peut disparaitre jusqu'à I idée d'une providence 11nagi11éeJ,k1rdelà les nuages, dans le domaine mythique. En drhors de cette raison philosophique qui suflil·ait à nous faire prendre en pitié la lib1·e-penséebourgeoise, nous avons sons les y,•ux l'exemple des Etats-l ·nis d'Améi'1que où l"Etat est sépa1·é<le toutes les Eglises, où il n'existe pas de budget des cultes et où l'idée religieuse a pris un tel dé,·e-
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