LA QU~STIOX SOCI.ILE DEVAXT LES CORPS ÉLt,;S 21:'> 11. Les derniers mois n'onl pas élé ferliles en discussions sociales. Nous pouvons ciler cependanl l'inlerpellalion de ~I.Oiraull, sénaleur du Cher, sur les mesures que le gouvernernenl cornple prendre pour porler remède à la silualion rles bûcherons de la forél de :\Ieillan (Cher) el ~les fortHs enYironnantes (séar1co du 21 décembre 1891). Le~ bûcherons gagnenl en moyenne O fr. 65 centimes par jour; encore faul-il déduire le chômage pour cause de mauvais Lemps. \'uilà la cause esseulielle de la grève qui s·étend à quaranle communes. Le chiffre de O fr. 65 ccnL. par jour n'esl qu'une moyenne, car si la journée e l payée en quelques rares ,mdroils 0 fr. 90 cenlimes, il faul remarqu0r que dans le bois de \'ieussat les salaires sonl de O fr. 4:-icenlimes, neuf sous par jour el dans d'autres de Ofr. 50 centimes. Les bûcherons du Cher poussent leurs exigences jusq11'à réclamer de-, journées var·ianL entre 1 fr. 20 et 1 fr. 73 cenlimes. lis réclament en oulre le droiL qu'on leur refuse de se t:onslruiI·e au milieu des bois des loges, c'est-à-dire des huttes en branchages, où ils poul'I'aient s'abriter en cas de pluie el dormir pendant la nuil, afin de n'èlre pas obligés soir el malin de faire une dizaine Cie kilomètres de chemin pour renlrcr chez eux el pour se rendre à leur Lravail. Ces prix dérisoires n'onl pas Loujours exislé. li y a dix à quinze ans le salaire quotidien élail de 2 fr. ::,o. Dans le méme déparlemenl existe aussi une grè\·e des ouvriers occupés à extraire des cailloux pour empierrer les chaussées. Le prix de la journée élanl Lombé à Ofr. î5 cent., personne 11eveut plus travailler. En 18i5, on payail le mèlre cube de cailloux 3 fr. ;JO, on le paye mainlenanl l fr. 75, soil la moitié. Les hommes qui travaillent au ponl en construction de la ligne d'lssoudun à Bourges gagnaienl l fr. 50 à l fr. 73 en plein été el venaient tl"a\•ailler de dix kilomèlres et plus. Aussi la misère est complète dans le prolétaria l rural du Cirer. li y a dix an'>, ces malheureux paysans avaient des économies, elles sont épuisées. lis a\·aienl du crédit, ee crédit n'existe plus. Le sénateur Girault demande des secours pour les empêcher de mourir de faim. « N'est-il pas « arrivé très souvent, dil-il, que pour cause d'inondation, de « gelées, de fléaux quelconques, dont a souffert l'agricullure, <1 les Chambres out voté des crédits pour soulager les misères , occasionnées par ces fléaux. > M. Oevelle, ministre de l'Agricullure a commencé ainsi : " Toul ce qu'a dit l'honorable M. Giraüll est exact; le Lubleau , qu'il vous a présenté n'esl pas exagéré; il n'y a pas de situa-
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