La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LUNDIS SOCIALISTES 2lï Les résultats sont connus, et la conclusion vient d'elle-même : la moralité d'une époque (les prédications n'y peuvent pas grand chose) n'est guère que la répercussion mentale des institutions politiques et économiques prédominantes. D'après cela. pas de régé11ératio1111oralesa11stransfor111atio11sociale, ce qui nous permet d'ajouter, la situation actuelle étant donnée: l'avènement du socialisme n'apportera pas seulement un ordre social plus juste, mais encore une morale plus haute. Et voilà comment, selon le dire de certains, le socialisme, c'est la b;irbarie. IV. - LA CRISEPOLITIQUET LE SOCIALISME La politique, d"après les précurseurs dtt socialisme.- Les antagonismes sociaux so,zf le pllls grand obstacleà la ri novation po!itiq11e. - les abs11rditiset les iniq11itisde la poiitifJ11e actuelle, encore assombries par ,m retour ojfeusif de la barbarie militaire. Toutes les diversités sont dépendantes ; tout s'enchaine dans le monde des réalités, dans le monde des idées et, à plus forte raison, dans le monde social, qui est une résultante (toujours améliorable parce que très complexe) des deux premiers. Si donc, conformément à cette loi de solidarité et d'unité suprême dans l'universel et perpétuel devenir, les socialistes ont pu dire aux prédicants moralistes : Pas de régénération morale sans préalable tra11sfor111atio1s1ociale, ils peuvent, en vertu du même principe, dire aux progressistes : Pas de réorganisation politique, large111entreco11strucfive et 2,é11éreuseme11tréparatrice, si l'on veut séparer cette réorganisation de la solution des grands problè111esque préteud résoudre le socialisme. De leur côté, sauf de peu nombreuses exceptions, les socialistes ne séparent pas les deux termes; et, sur ce point, ils ont de qui tenir. Les trois grands précurseurs du socialisme moderne : Saint-Simon, Robert Owen et Charles Fourier, autant que de rénovation morale et de transformation économique, se préoccupèrent de la reconstruction politique des nations civilisées. La politique, avait dit Saint-Simon, et magnifiquement formulèrent ses disciples; la politique est tout mttëre dans l'Assoc1ATIONUNIVERSELLE qui ne sera réalisée qu.e lorsqu'il aura été rendu justice à tous, qu.e lorsque les inég.ûités et les a11tagonis111easvec tout leur cortège de servitudes, d'i11iquités, d'erreurs et de misère auront fait place à u11esociété où le bonbeur imiversel sera fait de l'épanouissement 111oral,i11tellec/uel, affectif et physique de tous les êtres bu111ai11rségé11éréspar la scimce, l'art, lajustice et l'amour. Plus pratique, mais_non moins synthétique, Robert Owen concevait la politique appliquée comme l'effectuation d'un ensemble métho-

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