La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

218 LA REVUE SOCIALISTE dique de mesures pour bien dislribuèr, bien nourrir, bim vêtir, bien loger, bien e111ployerb,ien éduquer, bim gouverner et cordialement 1111ilra population du Gwbe. Fourier, lui, reprochait aux politiciens actuels de favoriser dix fléaux qu'il énumérait comme suit : <i lndigmce. - Fourberie. - Oppression. - Carnage. - Maladies provoquées. - lnte111périeosutrées. - Cercle vicieux. - Obscurités dog111afiq11es. - Egoïs111geéuéral. - Duplicité d'actions. » A cette série ténébreuse, il opposait une série lumineuse, en préconisant une politique novatrice qui aurait en vue les dix réalisations suivantes : <i Richesse graduée. - Vérités pratiques. - Garanties eff,1cfllées. - Paix coustanle. - Hygiè11egénérale. - Equilibre de tc111pérature. - Doctrines expérimentales. - Pbtlantbropie. - Solidarité générale. - Unité d'action. » Dans les trois formules on trouve exprimée, en des styles différents, la mème idée dominante : Organisation scientifique de la solidarité hu111aine. N'est-ce pas là, en effet, la formule politique la plus digne d'une Humanité majeure? Pourtant, que nous sommes loin mème des toutes premières applications ! Nul lien de doctrine, nul lien d'activité, nous l'avons vu précédemment ; nul lien dans les sciences que stérilise si grandement le manque d'unité des efforts; ni dans les arts qu'aucune pensée novatrice commune n'inspire ; ni dans la politique actuelle qui n'est guère que le champ clos, ensanglanté et plein de pièges, des collectivités et des individus en lutte. Est-il besoin d'ajouter que hormis les protestations et le, revendications socialistes encore impuissantes, rien de vivifiant ne jaillit de cette obscure mêlée, où passent et repassent, se heurtant furieusement, et les plus forts piétinant les plus faibles? Nations qui se détroussent ~ans scrupule, au coin des frontières et qui consacrent le plus clair de leurs ressources à la préparation de guerres exterminatrices. Classes ennemies dont l'hostilité se manifeste par des guerres civiles, des conjurations, des coalitions et la croissante intensification de l'exploitation capitaliste ; Travailleurs obligés de lutter entre eux pour l'obtention du travail salarié qui les fait vivre ; Capitalistes et travailleurs luttant pour le partage des riches~es. produites, dont les premiers frustrent généralement les seconds. Partis enfermés dans leurs préventions, leurs préjugés et leurs. haines; Gouvernements sans idée, sans orientation progressiste et sans. générosité ;

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