18 LA RE\'t;E SOCIALISTE risme industriel et l'existence d'une armée industrielle de réserve sont deux faits connexes; les ouvriers des grandes villes ne seraient point toujours sur la pente de la pauvreté et même de l'indigence si l'offre des bras ne dépassait point la demande. Le fait est important à constater puisqu'il atteint de tous les pays à production capitaliste le plus pro~père, le plus actif, celui dans lequel l'Agriculture attire à elle le plus grand nombre des bras, au lieu de les repousser comme en Europe. Si nous en venons à la France, nous trouverons aussi un certain nombre d'indices de l'existence d'une surpopulation ouvrière, malgré le silence des publications officielles et des statisticiens sur cette question. - Les grèves vaincues doivent toujours leur défaite à la présence d'ouvriers surnuméraires qui vont occuper les places laissées vacantes (1). Il en a été ainsi, dans le courant de l'année 1891, pour les grèves des ou\'riers et agents de chemin de fer, pour la grève des boulangers, des bouchers, des terrassiers à Paris (été 1891). Un certain nombre de greves ont réussi par la soudaine explosion des sympathies populaires et par l'effet de l'intervention matérielle et quasirévolutionnaire de la foule. Telles sont celles des employés des tramways et omnibus de Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Marseille. Sans la secrète complicité de tous, le succès eut été fort douteux, car les compagnies avaient de nombreux candidats prêts à entrer en fonctions. On parle beaucoup en ce moment des mines de Monthieux récemment acquises par le syndicat des mineurs de la Loire. Après l'abandon de ces mines par la Compagnie concessionnaire, 500 ouvriers sont restés sans travail: Une centaine ont pu trouver à gagner leur vie dans n'importe quelles besognes, les autres désespérés d"un chômage sans issue, ont conçu le projet de continuer l'exploitation pour leur compte, avec l'appui des pouvoirs publics. Le travail dans les prisons a soulevé bien des protestations. à cause de la concurrence faite à la classe ouvrière par les détenus qui absorbent une grande quantité de travail et l'exécutent à bas-prix. Se souvenir du Congres tenu à cet effet à la l-lourse du Travail de Montpellier le 15 novembre 1891 . Comme le constate le rédacteur de l'Association ca/bolique,que nous avons cité plus haut, la dépopulation des campagnes et l'accumulation dans les villes d'une foule de misérables n'existe pas seulement en Angleterre << sur le Co11ti11enl, dit-il, nous rencontrons le même triste (1) Voici cc que dit a cc sujet M. Turquan dans l'Eco110111i,F/ero11rois du 5 décembre 1891 au cour:;d'un article sur les Grèves tl les SJ•ndicats des Minturs. « Ces der- • nieres qui ont persisté longtemps n'ont pas cté beaucoup plus heureuses pour cela ; « plus de la moitié ont échoué complètement et trois à peine ont obtenu une transaction; « du reste, les ouvriers étaient de fait rtmj,lacis p.Jr de nouveaux 11t11us ; c'est ce q11i « arrive su,tout dans lts gret•ts peu importantes. » Dans les grandes grevcs où l"cmbauc chagc de nouveaux ouvriers est diflkile l'exploitation a souvent intérêt a transiger. •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==