SOVTEXEURS ET SOUTEXVS Hl << phénomène ; la population rurale se précipite,de plus en plus nom- << breuse, dans les villes. » Cette population vient faire concurrence aux ouvriers, vient grossir l'armée de réserve, produit l'abaissement des salaires et la prolongation des chômages. Cette accumulation si nuisible de la population dans les grandes villes est bien prouvée par la note ci-dessous que nous empruntons à I' Eco110111istefrançais du 28 novembre 1891 : l'accroù1tment des grandes villes e,1 Frana. - Le dénombrement de la population, qui a eu lieu le 12 avril 1891, a signalé ou du moins confirmé un fait qui s'était produit toujours dans les dénombrements precédents, c·est l'accroissement des grands centres de population au dctriment des campagnes. En effet, alors que la France ne gagnait que 208.000 habitants, les grandes villes gagnaient ensemble 500.000 habitants, cc qui prouve que l'ensemble des autres communes a perdu 300.0CX)habitants. Voici quel est le chiffre de la population des plus grandes villes de France. d"après les deux derniers recensements. Accroissement -- 1886. 1801. brut. p. 100 Paris ......... 2.2:>6.13\ 2.'>2:.J.946 16i .812 7.'t Lyon ......... 400.410 430.322 29.912 7.5 Marseille ...... 3i5.3i8 406.919 31.:m 8./4. Borde1ux ..... 238.899 252.03( 13.155 5,::; Lille.......... Hl::i.931 200.9:.J.5 H.98\ 8. 1 Toulouse ...... 1H.i14 1'tR.2-20 3.:,06 2.1 Nantes .. ...... 1t3.932 ·121.0:;4 -4.8i8 -3.\J Saint-Etienne .. 1l7.8i:'> 133.443 1;;.:œ 13.2 Le Havre ..... 110.968 '116.18t 5.2H 4.7 Rouen ........ 10::;.:,01 lW.341 4.0iO 3.8 Cc ne sont pas les plus grandes villes qui ont présente le plus gros accroissement, comme on le voit, et même nous pouvons signaler la diminution de la ville de Nantes qui a perdu pres de 3.000 habitants. Il est vrai que, a côté d'elle, Saint-Nazaire a augmenté de l:'")9.00 habitants et dépasse 40.(.)(XX) âmes aujourd'hui, présentant un accroissement exceptionnel de 6:i OO· Apres Saint-Nazaire, raccroisscmcnt le plus earacterise appartient à Nice, qui a passé de î5. 939 habitants en 1886 à 96.284 en 18Vl, accroissement de 20,W:-i habitants, soit 27 % ; a Montpellier, qui a passé <le r,7.231 à G9.83L, soit un accroissement du 22 %· Grenoble enfin a augmenté du 20 % 50.6iï en 188G et 60.698 en 18<JI. Il est donc bien exact que la population des campagnes se porte de plus en plus vers les villes. Elle n'y trouve généralement que les abaissements d'une sordide misère tout en contribuant à la diminution des salaires et à la production de ces chômages navrants qui jettent hors du travail c'est-à-dire souvent hors de la vie tant d'êtres pitoyables. Avec sa grande expérience des douleurs du Prolétariat qu'il connait pour les avoir éprouvées, Benoit Malon dit: « Justement on éva- " lue à un cinquième ou à un sixième la proportion des ouvriers qui « chôment. Pour presque tous les composants de ces myriades de « désœuvrés, la journée de huit heures serait immédiatement le pain ,, du jour.
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